BELGIQUE - Violences entre partenaires : la société civile interpelle les autorités belges et propose des « principes et priorités » pour venir à bout de ce fléau.

Devant la situation toujours alarmante des violences commises dans le cadre familial, un grand nombre d’organisations de femmes, de défense des droits humains, de syndicats, d’employeurs, de mutuelles,... veulent s’engager et appellent les autorités belges, fédérale et fédérées, à faire de même.
Lancé à l’initiative d’Amnesty International, cet appel de la société civile vise à rappeler aux gouvernements de notre pays combien la situation des femmes reste difficile, et surtout qu’il existe des solutions pour remédier à ce problème.
Le gouvernement fédéral a produit en mars 2004 un projet de plan d’action ; ce plan n’a cependant pas encore été finalisé, et doit toujours faire l’objet d’une concertation et d’accords avec les gouvernements des régions et communautés.
« Nous n’avons pas voulu compiler une liste exhaustive de toutes les mesures nécessaires pour venir à bout de la violence entre partenaires », ont indiqué les promoteurs de l’appel. « Il nous a semblé préférable de rappeler quelques grands principes qui devraient guider les orientations des différents gouvernements. L’un de ceux-ci est la nécessité de la cohérence et de la coordination de l’action ».
Les autorités belges, quel que soit leur niveau de pouvoir, doivent accorder les moyens nécessaires à la lutte contre ces violences et agir de façon coordonnée, en évitant une dispersion des moyens disponibles ou à dégager. « Une condition de base pour ceci est une vision et une définition de la violence entre partenaires, claire et cohérente, partagée par tous les acteurs concernés et qui garantisse une approche globale », rappellent les organisations.
Les « principes et priorités à mettre en œuvre pour lutter contre la violence entre partenaires » s’adressent bien à tous les niveaux de pouvoir, jusqu’au niveau communal, et cet appel veut proposer des solutions transversales.
Dans bon nombre de cas, rappellent les associations signataires, nous n’avons fait que reprendre des mesures qui ont déjà été proposées depuis longtemps aux autorités, notamment suite à des études parfois commandées par les gouvernements.
De la prévention et de l’éducation jusqu’à l’aide aux victimes, les revendications balaient tout le spectre des interventions nécessaires, en attirant chaque fois l’attention sur des priorités importantes : la formation des policiers, la politique judiciaire, le soutien dans certains régions aux associations d’aide aux victimes, ou encore l’information du public font ainsi l’objet de recommandations spécifiques.
« Lutter contre la violence conjugale n’est pas seulement une affaire de budget : elle est d’abord une question de volonté politique et de collaboration. Il est terrible de devoir constater qu’aujourd’hui encore des centaines de milliers de femmes, dans notre pays, sont victimes d’abus pourtant interdits par la loi », constatent les associations.
L’originalité de l’appel lancé ce jour par la société civile ne tient pas uniquement au fait qu’il s’agisse d’une démarche unitaire et coordonnée : elle est aussi un engagement à lutter concrètement, dans les organisations, contre ce fléau.
« Nous avons été positivement surpris par l’enthousiasme des associations que nous avons rencontrées lorsqu’il s’est agi de participer à cette action. Leurs dirigeants ont immédiatement convenu avec nous qu’il était de leur responsabilité de prendre part à ce combat, d’une manière ou d’une autre. Après tout, si une femme sur cinq est victimes de violences conjugales en Belgique, cela veut dire qu’une femme sur cinq de chaque organisation, syndicat, mutuelle, ... en est victime aussi  », rappelle Amnesty International. Toutes les organisations signataires, parmi lesquelles on retrouve les trois syndicats, les mutuelles, les organisations familiales, les organisations de femmes, ...ont toutes voulu travailler sur cette question et s’engager concrètement. « Nous allons faire notre part du travail, rappellent les associations ; nous attendons du gouvernement qu’il en fasse de même ».
L’engagement à lutter contre la violence contre les femmes n’a pas seulement été pris par les associations signataires : plus de 35.000 Belges se sont personnellement engagés auprès d’Amnesty pour dire que « la violence contre les femmes ne passera pas par elles et eux ». Un signe pour les organisateurs que ce combat est celui de toute la population, et qu’il doit donc requérir toute l’attention de nos autorités.

Le texte complet de l’appel est disponible sur http://www.amnestyinternational.be/doc/article 5637.html.

Les organisations signataires sont :

• ACTION CHRETIENNE RURALE DES FEMMES

• ALLIANCE NATIONALE DES MUTUALITES CHRETIENNES

• AMNESTY INTERNATIONAL

• CENTRE D’ACTION LAÏQUE

• CENTRE DE PREVENTION DES VIOLENCES CONJUGALES ET FAMILIALES

• CONSEIL DES FEMMES FRANCOPHONES DE Belgique (CFFB)

• CGSLB - ACLVB

• CSC- ACV

• COLLECTIF FEMMES BATTUES

• FÉDÉRATION LAÏQUE DES CENTRES DE PLANNING FAMILIAL (FLCPF)

• FEDERATION DES ENTREPRISES DE BELGIQUE

• FEDERATION DES PLANNING FAMILIAUX DES FPS

• FEMMES PREVOYANTES SOCIALISTES

• FGTB - ABVV

• GARANCE ASBL

• LIGUE DES DROITS DE L’HOMME

• LIGUE DES FAMILLES

• MONDE SELON LES FEMMES

• MOUVEMENT OUVRIER CHRETIEN

• MUTUALITES SOCIALISTES

• NEDERLANDSTALIGE VROUWENRAAD

• PLATEFORME FAMILLE LAÏQUE ET EGALITAIRE

• PRAXIS

• RESEAU POUR L’ELIMINATION DES VIOLENCES ENTRE PARTENAIRES

• SETCA- BBTK

• SOLIDARITE FEMMES BATTUES

• VIE FEMININE

• VROUWEN OVERLEG KOMITEE

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