BIELORUSSIE. Des organisations de défense des droits humains déplorent deux nouvelles condamnations à mort.

ÉFAI-17 mai 2010

Amnesty International se joint à deux grandes organisations biélorusses de défense des droits humains pour condamner les sentences capitales prononcées contre deux hommes reconnus coupables de meurtre dans la ville de Grodno.

Oleg Grichkovtsov (29 ans) et Andreï Bourdyka (28 ans) ont été condamnés à être passés par les armes le 14 mai 2010 pour des crimes commis lors d’un vol à main armée dans un appartement de Grodno en octobre 2009. Tous deux ont été reconnus coupables de meurtre avec préméditation, agression à main armée, incendie volontaire, enlèvement de mineur, vol simple et vol qualifié.

«  La peine de mort n’est pas la réponse à la criminalité violente. Alors que le monde se tourne vers l’abolition de ce châtiment, le Bélarus fait un pas en arrière », a déclaré Halya Gowan, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Oleg Grichkovtsov et Andreï Bourdyka ont 10 jours pour faire appel de leur condamnation auprès de la Cour suprême. S’il est rejeté, ils peuvent former un recours en grâce auprès du président biélorusse Alexandre Loukachenko.

Le Bélarus est le seul pays d’Europe qui procède encore à des exécutions. Amnesty International, le Comité Helsinki de Biélorussie et le Centre de défense des droits humains Viasna ont lancé un appel conjoint aux autorités biélorusses pour qu’elles fassent la preuve de leur volonté d’abolir la peine de mort en commuant ces deux condamnations.

« Nous jugerons le gouvernement sur ses actes. Or, en condamnant ces deux hommes, il montre sa ferme intention de maintenir l’usage de ce châtiment cruel et absurde. La seule déclaration convaincante consisterait à instaurer un moratoire », a déclaré Oleg Goulak, président du Comité Helsinki de Biélorussie.

Selon certaines informations, Oleg Grichkovtsov et Andreï Bourdyka ont cambriolé un appartement à Grodno en octobre, tuant un homme et deux femmes et prenant en otage un enfant. Ils auraient mis le feu à l’appartement, puis forcé un chauffeur de taxi à les conduire à Minsk ou Moscou. Ils ont été arrêtés le lendemain matin au Bélarus, lorsque le chauffeur a réussi à s’échapper.

Ces condamnations à la peine capitale interviennent deux jours après une session du groupe de travail chargé de l’Examen périodique universel (EPU), au cours de laquelle le Bélarus a été critiqué pour le maintien de ce châtiment.

Le gouvernement a assuré que la peine de mort était une mesure provisoire, appliquée uniquement pour les crimes les plus graves, et que son abolition était activement débattue.

« Les condamnations à mort prononcées contre Oleg Grichkovtsov et Andreï Bourdyka illustrent une nouvelle fois la nécessité d’instaurer immédiatement un moratoire sur la peine capitale. Il ne fait aucun doute que tant que la peine de mort est inscrite dans la loi, les juges continueront à prononcer des sentences capitales », a expliqué Halya Gowan.

En mars 2010, deux hommes ont été exécutés au Bélarus. Vassily Youzeptchouk a été mis à mort pour le meurtre de six femmes âgées, tandis qu’Andreï Jouk a été exécuté pour l’agression à main armée et le meurtre d’un homme et d’une femme.

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