BURUNDI - Massacre de Gatumba - un urgent besoin de justice

Index AI : AFR 16/010/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Un an après le massacre de Gatumba, en août 2004, Amnesty International appelle le futur gouvernement du Burundi et la communauté internationale à veiller à ce que les responsables présumés des violences qui se sont produites soient poursuivis en justice.

« Le nouveau gouvernement devra mettre en place un organisme indépendant et impartial chargé d’enquêter sur ce massacre et sur d’autres encore qui se sont produits dans le pays ; les présumés responsables de tels actes devront avoir à rendre des comptes », a déclaré Amnesty International ce jeudi 18 août.

Dans la nuit du 13 août 2004, le camp de réfugiés de Gatumba, situé près de la frontière congolaise, avait été attaqué par un groupe armé. Plus de 160 réfugiés congolais, principalement des enfants et des femmes appartenant à l’ethnie banyamulenge du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) avaient été délibérément et systématiquement tués. Le 14 août, le Parti pour la libération du peuple hutu - Forces nationales de libération avait revendiqué la responsabilité du massacre. Le même jour, les gouvernements du Burundi et du Rwanda et des délégués des communautés banyamulenge accusaient des groupes politiques armés congolais et rwandais basés en RDC d’être impliqués dans les violences. Selon les enquêteurs de l’ONU, certains éléments crédibles laissaient à penser que « d’autres groupes » étaient dans la région, mais sans que l’on puisse les identifier formellement.

Les organisations de défense des droits humains et les Nations unies ont fermement condamné ce massacre et appelé à la tenue d’une enquête indépendante, impartiale et globale. Du fait de l’implication supposée de groupes politiques armés basés en RDC, on craignait que le massacre ne provoque une intervention militaire du Burundi et du Rwanda en RDC. Une intervention dans ces conditions aurait risqué de donner lieu à de nouvelles exactions en RDC.

Depuis, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et les autorités burundaises ont déplacé une poignée de réfugiés vers la province de Mwaro, située plus loin de la frontière ; d’autres réfugiés sont retournés en RDC, beaucoup sont partis à Bujumbura. À ce jour, bien que le ministre de la Justice burundais ait indiqué que l’enquête nationale sur le massacre de Gatumba était terminée, les opérations des Nations unies au Burundi ont souligné dans une déclaration récente que « aucun rapport d’enquête n’avait été rendu public par le gouvernement [du Burundi] et que les auteurs de l’attaque étaient toujours libres. »

« Justice doit encore être rendue aux survivants de Gatumba, mais aussi à toutes les victimes d’exactions et d’atteintes aux droits humains au Burundi ainsi que dans toute la région des Grands Lacs », a souligné Amnesty International.

Complément d’information

Au cours de l’année passée, des membres de groupes politiques armés et des forces gouvernementales du Burundi ont perpétré des violations des droits humains contre les populations des provinces de Bujumbura-rural et de Bubanza. La récente campagne électorale a vu s’accroître le nombre de personnes et de représentants locaux du gouvernement tués en raison de leurs affiliations politiques supposées.

Les populations rurales burundaises continuent d’être victimes de violations des droits humains. Plus récemment, le 16 juin 2005, dans la commune de Muhuta, dans la province de Bujumbura-rural, huit personnes (quatre hommes, trois femmes et un enfant) ont été tués et plus de trente personnes (des femmes en majorité) ont été blessées lors d’un office religieux à l’église paroissiale pentecôtiste de Muyaga. On ne sait pas si les auteurs de l’attaque ont été identifiés.

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