Cambodge : Le verdict de la Cour suprême contre Tep Vanny et deux militantes révèle l’injustice des tribunaux cambodgiens

En réaction à la décision rendue par la Cour suprême du Cambodge, qui a confirmé le verdict de culpabilité contre Tep Vanny et les militantes Bo Chhorvy et Kong Chantha, pour des accusations liées à une manifestation pacifique à laquelle elles ont participé en 2011, James Gomez, directeur pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International, a déclaré :

« En confirmant ces condamnations injustifiées qui reposent sur des accusations réactivées, la Cour suprême du Cambodge révèle une nouvelle fois à quel point le système de justice pénale est compromis.

« Tep Vanny, Bo Chhorvy et Kong Chantha ont été reconnues coupables par un système judiciaire clairement placé sous la coupe des politiques répressives du gouvernement cambodgien. Il s’agit d’accusations motivées par des considérations politiques visant à réduire au silence ceux qui osent s’exprimer.

«  Tout ce qu’ont fait ces femmes, c’est exercer leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Nous exhortons le procureur à ne pas faire appliquer la peine d’emprisonnement et demandons aux autorités cambodgiennes de veiller à la libération immédiate et inconditionnelle de Tep Vanny, qui purge une peine de prison à caractère politique dans le cadre d’une autre affaire. »

Complément d’information

Le 8 décembre, la Cour suprême a confirmé le verdict, sans qu’il soit accompagné d’un ordre d’application de la peine de six mois de prison, laissant l’application de cette peine à la discrétion du procureur municipal de Phnom Penh.

Tep Vanny, Kong Chantha et Bo Chhorvy ont été arrêtées en 2011 pour avoir participé à une manifestation concernant le droit à la terre devant la municipalité de Phnom Penh. L’affaire était en veille depuis 2012. Le 19 septembre 2017, les trois défenseures des droits humains ont été reconnues coupables d’« entrave à l’action d’un agent de l’État avec circonstances aggravantes » et d’« outrage », au titre des articles 502 et 504 du Code pénal cambodgien, et condamnées à six mois de prison. Le 23 février 2017, la Cour d’appel a confirmé leur condamnation. Lors d’une audience préliminaire de la Cour suprême le 24 novembre, les plaignantes, leurs avocats et les témoins n’étaient pas présents dans la salle d’audience, privant les appelants de leur droit à un contre-interrogatoire.

Tep Vanny purge actuellement une peine de 30 mois de prison en lien avec une autre condamnation, découlant d’accusations liées à sa participation à une manifestation pacifique en 2013. Elle est incarcérée au Centre Correctionnel 2 (CC2) à Phnom Penh.

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