CAMPAGNE INTERNATIONALE SUR LES DÉFENSEURES DES DROITS HUMAINS - Au Sri Lanka s’achève la rencontre historique des défenseures des droits humains

Index AI : ACT 77/058/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

« Chaque jour, des militantes du monde entier subissent de graves violences dans le cadre de leur travail de défense des droits humains. Bien des femmes ont déjà payé de leurs vies leur courage et leur engagement en faveur de ces droits », a déclaré Sunila Abeysekera, directrice d’INFORM, au Sri Lanka, et membre du Comité international de coordination qui a mis sur pied la toute première rencontre mondiale de défenseures des droits humains à Colombo (du mardi 29 novembre au vendredi 2 décembre 2005).

« Les militantes qui œuvrent dans toutes les régions du globe sont confrontées à des risques spécifiques dans leur organisation politique, a-t-elle ajouté. Notre mobilisation débouche souvent sur des agressions liées au genre, telles que le viol, l’internement psychiatrique et les restrictions imposées à la liberté d’expression et d’association. Pourtant, ces violences sont rarement reconnues ou prises en compte. En levant le voile sur cette réalité, cette rencontre a permis de rendre hommage aux initiatives des défenseures des droits humains du monde entier. »

La conférence s’est achevée ce vendredi 2 décembre 2005 à Colombo, au Sri Lanka, au terme de quatre journées historiques qui ont donné lieu à une coalition entre les défenseurs des droits humains et des droits des femmes. Elle a rassemblé 200 défenseures des droits humains venues des quatre coins du globe, dont des femmes qui militent pour diverses questions relatives aux droits humains, ainsi que des hommes qui défendent les droits fondamentaux des femmes. Les délégués ont partagé leurs expériences et élaboré un éventail de stratégies visant à lutter contre la violence, la discrimination et d’autres atteintes dont elles sont victimes en raison de leur genre et de leurs actions en faveur de la défense des droits fondamentaux.

La rencontre a mis l’accent sur quatre sources distinctes de violences qui touchent fréquemment les défenseures des droits humains, notamment les violences étatiques et les questions de responsabilisation et de justice ; la montée des mouvements fondamentalistes cherchant et parvenant à accroître leur pouvoir politique ; le recours à des agressions à caractère sexuel afin d’intimider les femmes et de porter atteinte à leurs corps et à leurs réputations ; et la nécessité de faire face aux violences commises par les communautés et les familles.

Selon Mary Jane Real, membre du secrétariat du Comité de coordination de la consultation : « Ces quatre derniers jours, les défenseures des droits humains ont mis en commun un vaste éventail d’expériences et se sont efforcées d’apporter des réponses aux violences dont elles sont victimes. Des politiques et pratiques qui régissent la sexualité des femmes aux restrictions imposées à notre travail en raison de l’usage abusif des mesures antiterroristes, nous avons évoqué la nature et l’ampleur de ces agissements, qui nous concernent toutes. Et nous avons proposé et examiné des stratégies de campagne qui nous aideront à mettre fin aux violences infligées aux défenseures des droits humains du monde entier dans le cadre de notre action. »

Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International, est intervenue lors de la clôture de la rencontre ce vendredi 2 décembre : « Nous tous, femmes et hommes, devons exiger la protection de ceux qui militent pour les droits des femmes et des femmes qui défendent tous les droits humains. Nous devons exiger que justice soit rendue lorsqu’elles sont attaquées et lutter pour qu’elles soient reconnues comme elles le méritent. »

Cette consultation a défini des priorités clés, ainsi que divers points d’action :

 Il est indispensable que les États soient tenus pour responsables des violences infligées aux défenseures des droits humains par tous les acteurs, étatiques ou non, sur leur territoire. Cela englobe à la fois les mouvements fondamentalistes et les groupes paramilitaires, ainsi que les communautés et les particuliers responsables de ces agissements.

 Tous les militants doivent demander à leurs gouvernements, dans le monde entier, de veiller à maintenir la mission du représentant spécial du secrétaire général sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, poste qu’occupe actuellement Hina Jilani, afin que les défenseures des droits humains demeurent une priorité pour les Nations unies et les gouvernements.

 Les participants s’engagent à maintenir la solidarité, à multiplier les initiatives visant à renforcer la coalition et la coopération au sein des régions et entre elles, et à établir et renforcer des normes régionales et internationales pour la protection des défenseures des droits humains du monde entier.

Parmi les autres intervenantes à la conférence de presse figuraient :

Charlotte Bunch, Center for Women’s Global Leadership, États-Unis ;

Lydia Cacho, CIAM, Centro Integral de Atención a las Mujeres (centre d’assistance pour les femmes), Mexique ;

Tilder Kumichii, Ndichia, Global Education and Environment Development Foundation, Cameroun ;

Radhia Nasroui, Association de lutte contre la torture en Tunisie, Tunisie ;

Zenaida Soriano, Amihan, Philippines ;

Leyla Younous, Institut pour la paix et la démocratie, Azerbaïdjan.

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