Communiqué de presse

Chine. Les autorités cacheraient le corps de Cao Shunli pour masquer des preuves

Les autorités chinoises doivent immédiatement laisser la famille de Cao Shunli voir sa dépouille, a déclaré Amnesty International, au vu des craintes grandissantes au sujet d’une possible crémation du corps pour détruire les preuves de mauvais traitements que cette femme aurait subis en détention.
Son frère Cao Yunli, et Wang Yu, l’avocat de la famille, n’ont pas pu voir son corps lorsqu’ils se sont rendus à l’hôpital militaire 309 à Pékin le 26 mars dernier.

Le personnel de l’hôpital leur a affirmé que la dépouille de Cao Shunli ne se trouvait plus là mais a refusé de donner plus d’informations à ce sujet. Les autorités ont également opposé un refus aux proches de Cao Shunli qui cherchaient à obtenir des copies de son dossier médical.

« Les autorités ne reculeront apparemment devant rien pour cacher ce qui est arrivé à Cao Shunli, a déclaré Anu Kultalahti, chercheuse sur la Chine à Amnesty International. Elles font tout pour étouffer l’affaire. »

Cao Shunli a succombé à une défaillance organique le 14 mars dernier à l’hôpital, après six mois de détention. Sa famille a demandé à plusieurs reprises qu’elle reçoive des soins pour les graves problèmes de santé dont elle souffrait, en vain.

« Les proches de Cao Shunli méritent au moins de découvrir la vérité sur sa mort. Ils doivent être immédiatement autorisés à voir sa dépouille et à consulter son dossier médical. Les autorités ne doivent pas incinérer le corps de Cao Shunli sans la permission explicite de sa famille », a déclaré Anu Kultalahti.

Depuis le décès de Cao Shunli, les autorités assurent qu’elle a reçu des soins adaptés en détention. Néanmoins, sa famille affirme que son corps était recouvert de traces noires et violettes au moment de sa mort.

« Une enquête minutieuse, transparente et indépendante, comprenant une autopsie, doit être menée sans délai sur les circonstances de la mort de Cao Shunli. Les autorités doivent sanctionner les responsables, quels qu’ils soient », a déclaré Anu Kultalahti.

Cao Shunli avait été arrêtée en septembre 2013 à Pékin alors qu’elle voulait se rendre à Genève pour assister à un programme de formation en matière de droits humains. Elle était à l’origine d’actions visant à permettre à des militants de contribuer au rapport sur la situation des droits humains en Chine que le pays doit présenter à l’ONU.

La semaine dernière, lors de l’examen de ce rapport aux Nations unies à Genève, les représentants chinois ont refusé qu’une minute de silence soit observée en mémoire de Cao Shunli. Plusieurs hauts responsables des Nations unies, dont le secrétaire général Ban Ki-moon, et plusieurs gouvernements ont exprimé leurs inquiétudes au sujet de la mort de cette femme.

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