Chine : Une militante des droits des femmes remise en liberté a besoin de soins médicaux urgents

Les autorités chinoises doivent veiller à ce que la militante des droits des femmes Su Changlan, libérée le 26 octobre, puisse recevoir les soins médicaux dont elle a besoin

Su Changlan a été libérée après avoir purgé une peine injustifiée de prison de trois ans en raison de ses activités en faveur des droits humains. Son état de santé s’est gravement détérioré pendant qu’elle purgeait sa peine du fait des conditions très éprouvantes au centre de détention du district de Nanhai, dans le sud de la Chine

« C’est un soulagement de savoir que Su Changlan ne passera pas une autre nuit derrière les barreaux. Cependant, elle n’aurait jamais dû être privée de liberté. Sa condamnation inique a été aggravée par ses conditions de détention effroyables, a déclaré Roseann Rife, directrice des recherches sur l’Asie de l’Est à Amnesty International.

« Il est impératif que les autorités veillent à ce que Su Changlan puisse bénéficier des soins adaptés dont elle a besoin et qu’elle n’a pas été autorisée à recevoir en prison. Elle ne doit pas subir les mesures de harcèlement et d’ingérence auxquels sont généralement soumis les militants des droits humains lorsqu’ils sont remis en liberté. »

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En effet, les autorités chinoises ont à plusieurs reprises harcelé et intimidé des militants après leur libération, notamment en restreignant leurs déplacements et leurs communications. Certains ne sont pas autorisés à rentrer chez eux et sont supposés rester sous la garde des autorités même après leur « libération ».

Su Changlan était entassée avec 50 à 70 codétenues dans une cellule de 80 m2, où elle disposait d’un espace pour dormir n’excédant guère 50 cm de large, et où les installations sanitaires étaient insuffisantes.

Les traitements médicaux qui lui ont été dispensés en prison n’ont pas empêché son état de santé de se détériorer rapidement. Elle souffre désormais d’affections cardiaques, rénales et de la vésicule biliaire handicapantes, en raison des mauvais traitements subis en prison, notamment l’absence de soins médicaux adaptés pour une pathologie préexistante.
Aux termes du droit international, toute personne, y compris les personnes en détention, a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale susceptible d’être atteint.

Complément d’information

Su Changlan a été arrêtée en octobre 2014, après avoir exprimé son soutien aux manifestations pro-démocratie qui se sont déroulées à Hong Kong. Épine dans le pied des autorités parce qu’elle défend les droits fondamentaux, elle a fait campagne au fil des ans sur toute une série de questions politiquement sensibles, notamment les droits des enfants migrants, les droits des femmes en matière de santé et de procréation, et la démocratie en Chine.

Son procès a eu lieu en avril 2016, mais il a fallu attendre mars 2017 pour que sa condamnation à trois ans de prison soit confirmée. Le jugement énonçait clairement que Su Changlan était déclarée coupable en raison de ses critiques envers le Parti communiste chinois, qu’elle a publiées sur des réseaux sociaux et des sites Internet étrangers. Amnesty International la considérait comme une prisonnière d’opinion, détenue seulement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression.

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