Chine. Wo Weihan ne doit pas être exécuté

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a demandé ce mardi 25 novembre au Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de gracier Wo Weihan, chercheur en médecine âgé de 59 ans. L’organisation se faisait l’écho des inquiétudes concernant l’équité du procès et de la condamnation de cet homme qui ont été exprimées par une de ses filles.

La semaine dernière, le tribunal populaire intermédiaire de Pékin a conseillé à la famille du condamné de demander une autorisation de visite dans les sept jours suivants. Cela faisait près de quatre ans que le tribunal refusait de donner un droit de visite aux proches de Wo Weihan. La famille a également appris que la Cour populaire suprême avait approuvé la condamnation à mort de cet homme. Ceci signifie que son exécution pourrait avoir lieu très prochainement, peut-être même jeudi 27 novembre.

Une de ses trois filles a déclaré aujourd’hui : Cette exécution est injuste. La procédure a manqué de transparence. Le verdict s’appuyait sur des éléments vagues et secondaires et Wo Weihan a été reconnu coupable sur la base d’un aveu obtenu sous la contrainte, sur lequel il est revenu lors du procès. La seule chose que nous pouvons faire maintenant pour garder mon père en vie est de demander que l’exécution n’ait pas lieu .

Sam Zarifi, directeur d’Amnesty International pour l’Asie-Pacifique a déclaré : Les autorités chinoises devraient gracier Wo Weihan et empêcher cette exécution. Les informations disponibles suggèrent que Wo Weihan n’a pas bénéficié d’un procès équitable aux termes des normes internationales. Cet homme a été reconnu coupable d’avoir violé une loi sur les secrets d’État formulée dans des termes vagues. Le gouvernement chinois a le droit d’engager des poursuites contre les personnes soupçonnées d’espionnage mais tuer cet homme constituerait un geste cruel et inhumain. Nous déplorons que la Chine soit toujours le pays du monde qui procède au plus grand nombre d’exécutions.

Wo Weihan a été condamné à mort en mai 2007 pour espionnage au profit de Taïwan , à l‘issue d’un procès qui s’est déroulé à huis clos à Pékin. Il a été débouté de son appel le 29 février 2008. D’après le jugement rendu par le tribunal populaire supérieur municipal de Pékin, Wo Weihan a été déclaré coupable d’espionnage pour le compte de Taïwan à plusieurs reprises. Il a été reconnu coupable, notamment, d’avoir fait des commentaires sur l’état de santé de hauts responsables chinois, information considérée comme un secret d’État, et d’avoir communiqué des informations provenant d’un magazine classé secret , qui était en fait disponible à la bibliothèque de l’Académie chinoise des sciences.

Wo Weihan avait été arrêté le 19 janvier 2005 à Pékin, mais son arrestation n’avait été officialisée que le 5 mai. Selon le jugement rendu à l’issue de son procès, il aurait avoué en détention les faits qui lui étaient reprochés. Ses proches affirment que ces aveux ont été formulés en l’absence d’un avocat et qu’il est revenu par la suite sur ses déclarations, clamant son innocence, ce qui suscite des doutes sur la manière dont il a été traité après son arrestation.

Le 6 février 2005, Wo Weihan a été victime d’une hémorragie cérébrale dans un centre de détention. Il a été autorisé à rentrer chez lui pendant six semaines afin de se rétablir. En mars 2005, il a été conduit à l’hôpital municipal Bo Ren de Pékin (une prison-hôpital), où il est détenu depuis lors. Selon sa famille, il n’avait aucun problème de santé avant son arrestation.

Pendant les dix premiers mois de sa détention, personne n’a été autorisé à rendre visite à Wo Weihan. Ce dernier a finalement pu rencontrer ses avocats régulièrement, mais il n’a pas été permis à ses proches de lui rendre la moindre visite jusqu’à présent.

Complément d’information

Amnesty International a diffusé une Action urgente vendredi 21 novembre pour demander à ses membres d’appeler les autorités chinoises à ne pas exécuter cet homme et à instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions en vue de l’abolition de la peine de mort.

Le 20 novembre, l’Assemblée générale des Nations unies a renforcé son appel en faveur de la fin des exécutions judiciaires partout dans le monde. Au total, 105 pays ont voté en faveur du projet de résolution, 48 ont voté contre et 31 se sont abstenus. La Chine a voté contre le projet de résolution. Des amendements proposés par une petite minorité de pays favorables à la peine de mort ont été rejetés par une majorité écrasante.

En novembre 2008, 137 pays avaient aboli la peine capitale en droit ou en pratique. Pendant l’année 2007, au moins 1 252 personnes ont été exécutées dans 24 pays et au moins 3 347 ont été condamnées à mort dans 51 pays.

La Chine exécute chaque année davantage de condamnés que tout autre pays du monde. Cependant, les exécutions ont probablement connu un net recul en 2007, la Cour populaire suprême étant de nouveau chargée de réexaminer toutes les sentences capitales. En 2007, Amnesty International a recensé 470 exécutions, mais ce chiffre, issu des informations publiques disponibles, ne représente que le minimum de ce que peut être le nombre réel d’exécutions.

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