COLOMBIE : Des syndicalistes et des défenseurs des droits humains cibles d’attaques

Index AI : AMR 23/058/2003
ÉFAI

Mercredi 27 août 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Environ 42 militants des droits sociaux et défenseurs des droits humains ont
été placés en détention récemment à Saravena (département d’Arauca) ; parmi
eux, 28 sont toujours en état d’arrestation. Ces évènements semblent
s’inscrire dans le cadre d’une campagne organisée, visant à affaiblir
l’action des syndicalistes et militants des droits humains et à exposer ces
secteurs à de nouvelles attaques par des groupes paramilitaires soutenus par
l’armée, a déclaré Amnesty International ce mercredi 27 août 2003.

Les arrestations sont intervenues quelques jours seulement après que le
président Álvaro Uribe eut critiqué plusieurs commandants militaires pour
leur manque de résultats sur le terrain ; des commandants du département
d’Arauca se trouvaient, semblent-ils, parmi eux.

« Syndicalistes et autres défenseurs des droits humains du département
d’Arauca sont face à une stratégie conjointe des militaires et des
paramilitaires, visant à les désigner comme des éléments subversifs et à
qualifier leurs organisations de subversives ; ils se trouvent ainsi exposés
à des poursuites judiciaires arbitraires et au risque d’attaques violentes
par des groupes paramilitaires », a averti Amnesty International.

Parmi les personnes interpellées lors de l’opération conjointe menée par des
membres de la 18è brigade de l’armée et des agents du Bureau du procureur
général le 21 août 2003 se trouvaient José Murillo Tobo, président du Comité
Regional de Derechos Humanos « Joel Sierra » (Comité régional de défense des
droits humains « Joel Sierra ») et Alonso Campiño Bedoya, dirigeant de la
branche régionale de la Central Unitaria de Trabajadores (CUT, Centrale
unitaire des travailleurs) et membre du Comité régional de défense des
droits humains.

Les maisons de Samuel Morales, président de la Centrale unitaire des
travailleurs pour la région, d’Alberto Paez, autre dirigeant syndicaliste et
d’Ismael Pabón Mora, dirigeant du Comité régional de défense des droits
humains ont été perquisitionnées durant ces raids. Les mandats d’arrêt à
l’encontre de ces trois personnes n’ont pas été exécutés, aucun d’eux ne se
trouvant à son domicile lors des descentes de police.

Les arrestations de José Murillo et d’Alonso Campiño sont intervenues après
que le Comité régional de défense des droits humains eut dénoncé la présence
de groupes paramilitaires opérant avec la complicité des forces de sécurité
à Saravena. Ces interpellations font également suite à toute une série
d’accusations prononcées à l’encontre du Comité, dont les membres ont été
qualifiés d’éléments subversifs par les forces de sécurité au cours de ces
derniers mois.

Amnesty International a récemment dénoncé les atteintes aux droits humains
commises par des forces paramilitaires opérant dans le département d’Arauca
avec la complicité de la 18è brigade de l’armée. Le Comité régional de
défense des droits humains est l’une des organisations régionales ayant
dénoncé ces violations au niveau international.

Amnesty International est en possession de rapports circonstanciés
concernant l’arrestation de défenseurs des droits humains et autres
militants des droits sociaux par les forces de sécurité, opérant
conjointement avec le Bureau du procureur général ; ces opérations auraient
été décidées sur la base d’accusations de source militaire, non fondées, et
non sur la base d’enquêtes judiciaires impartiales et indépendantes. Selon
certaines informations, deux indicateurs cagoulés auraient participé aux
arrestations ; l’inquiétude est donc réelle concernant la production de
preuves basées sur des renseignements fournis par l’armée ou par des
informateurs rémunérés.

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