Colombie. Le conflit contraint toujours plus de personnes à fuir leur foyer Un nombre de personnes déplacées parmi les plus élevés au monde

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-Jeudi 16 juillet 2009

Ce jeudi 16 juillet, Amnesty International a dénoncé une nouvelle augmentation massive du nombre de Colombiens contraints de quitter leur foyer en raison du conflit armé, et a exhorté les parties belligérantes à cesser d’impliquer les civils dans les hostilités.

Au cours de la seule année 2008, pas moins de 380 000 personnes ont dû fuir leur lieu de résidence, soit une hausse de plus de 24 % par rapport à l’année précédente. Compris entre 3 et 4 millions, soit l’équivalent de la population de l’Uruguay, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de la Colombie figure parmi les plus élevés au monde. Par ailleurs, on estime que 500 000 autres personnes se sont réfugiées dans les pays voisins.

La plupart des personnes déplacées cherchent à échapper aux violences liées au conflit armé interne qui déchire la Colombie depuis quarante ans ; beaucoup sont délibérément prises pour cibles par des mouvements de guérilla, des groupes paramilitaires ou par les forces de sécurité dans le cadre de stratégies visant à écarter des groupes entiers de population de zones présentant une importance militaire, stratégique ou économique.

L’immense majorité des personnes touchées sont des membres de groupes indigènes, des personnes d’origine africaine et des petits paysans, nombre d’entre eux vivant dans des régions présentant un intérêt pour les parties au conflit.

« La terrible situation humanitaire que connaît la Colombie est l’un des drames les mieux cachés de notre époque, et dément les affirmations du gouvernement colombien selon lesquelles le pays a surmonté son passé difficile, a déclaré Marcelo Pollack, directeur adjoint du Programme Amériques d’Amnesty International. Tant que les autorités colombiennes n’auront pas reconnu les conséquences très concrètes du conflit, les droits fondamentaux de millions de personnes n’ont guère de chances d’être respectés. »

Une grande partie des richesses accumulées par les paramilitaires et par leurs soutiens dans le monde politique et les milieux d’affaires proviennent de spoliations de terres réalisées par la violence. D’après certaines estimations, quatre à six millions d’hectares auraient ainsi été volés à des milliers de petits paysans et à des communautés indigènes et afro-colombiennes.

La plupart des personnes déplacées partagent une expérience commune : celle d’avoir dû fuir très vite, dans une situation où leur vie était menacée. Certaines sont séparées de leur famille ou de leur communauté et sont obligées de partir en ne prenant avec elles que ce qu’elles peuvent porter. La plupart continuent de faire face à des discriminations où qu’elles aillent et n’ont aucune perspective de rentrer un jour chez elles.

Une personne déplacée a déclaré un jour à un délégué d’Amnesty International en Colombie : « C’était à mon tour de quitter la région. La violence m’a complètement usée. Les paramilitaires, l’armée et les guérilleros, ils sont tous là. Ils [un de ces groupes] m’ont envoyé un message disant qu’ils allaient me tuer. […] Un soir un type armé est venu à la maison. Il nous a fait peur. Il était 8 heures du soir. Ça ne présageait rien de bon. Il tournait autour de la maison avec son arme, dans la famille personne ne l’a vu mais un voisin si. Ils m’ont dit qu’il valait mieux qu’on s’en aille. Je suis partie avec ma famille, y compris ma fille aînée et son fils. En tout, on est sept. »

Amnesty International exhorte les autorités colombiennes à prendre des mesures efficaces pour prévenir les déplacements forcés, améliorer la protection des civils et identifier et restituer toutes les terres et tous les biens volés à leurs propriétaires légitimes ou à leurs proches. L’organisation engage également toutes les parties au conflit à respecter le droit des civils à ne pas être entraînés dans le conflit.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le rapport d’Amnesty International intitulé Tout abandonner. Le déplacement interne en Colombie sur le site www.amnesty.org.

Marcelo Pollack, directeur adjoint du Programme Amériques d’Amnesty International et spécialiste de la Colombie, est disponible pour des interviews en anglais et en espagnol. Des membres de communautés déplacées sont également disponibles pour des entretiens.

Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec la personne suivante :
Josefina Salomón, tél. : +44 207 413 5562 ; mobile : +44 7778 472 116 ; jsalomon@amnesty.org

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