Colombie. Le système judiciaire est utilisé pour harceler les défenseurs des droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Ce jeudi 19 mars 2009, Amnesty International a condamné les autorités colombiennes, les accusant de se servir du système judiciaire du pays pour faire obstacle au travail légitime des défenseurs des droits humains.

Cette déclaration intervient alors que de nouvelles poursuites pénales sont engagées contre deux éminents militants colombiens, le prêtre jésuite Javier Giraldo et Elkin Ramírez, avocat de la Corporation juridique « Liberté ». Tous deux dénoncent depuis longtemps le massacre de huit membres de la communauté de paix de San José de Apartadó, en février 2005. Des soldats de la 17e brigade de l’armée colombienne figurent parmi les personnes impliquées dans ces homicides.

Des poursuites pénales ont été engagées en 2005 contre Javier Giraldo et Elkin Ramírez par le colonel Néstor Duque, qui commandait alors la 17e brigade et les a accusés de diffamation (injure, calomnie et dénonciation calomnieuse) – ce qui constitue une infraction pénale en Colombie.

Les deux militants avaient auparavant dénoncé les irrégularités commises par les soldats de la 17e brigade lors de l’arrestation de membres de la communauté de paix de San José de Apartadó en 2004. Le bureau du procureur général avait abandonné les poursuites en diffamation engagées contre Javier Giraldo et Elkin Ramírez. Il a toutefois rouvert le dossier au début de l’année 2009.

« Nous craignons que les affaires concernant le père Javier Giraldo et Elkin Ramírez n’aient été rouvertes en raison de leur travail sur le massacre de 2005 à San José et dans le but de créer un écran de fumée destiné à freiner l’information judiciaire sur le rôle de la 17e brigade dans ces homicides, a déclaré Marcelo Pollack, directeur adjoint du programme Amériques d’Amnesty International.

« Paradoxalement, la principale ligne de défense des militants des droits humains – la loi et la justice – est très souvent utilisée de manière abusive afin de les harceler et de les intimider. »

Les attaques ciblant les défenseurs des droits humains et d’autres militants, les syndicalistes notamment, sont une caractéristique du conflit qui ravage depuis quarante ans la Colombie. Plus d’une dizaine de défenseurs et 46 syndicalistes ont été tués pour la seule année 2008.

L’une des dernières victimes, Álvaro Miguel Rivera Linares, militait pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres et des personnes vivant avec le VIH/sida. Son cadavre a été retrouvé ligoté et bâillonné dans son appartement, dans la ville de Cali, le 6 mars 2009.

« Afin de décourager efficacement le harcèlement et les attaques dont sont victimes les militants, les autorités doivent reconnaître publiquement le précieux travail mené par toutes les personnes qui défendent les droits fondamentaux », a conclu Marcelo Pollack.

FIN

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