Colombie. Les autorités doivent garantir la sécurité des manifestants

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le président Álvaro Uribe doit soutenir le travail important et légitime des défenseurs des droits humains dans une déclaration ferme et publique. S’il s’abstient, cela risque de donner le feu vert à ceux qui souhaitent les prendre pour cibles, a déclaré Amnesty International ce mardi 3 mars 2009.

L’organisation lance cet appel à l’approche de manifestations qui doivent avoir lieu à Bogotá et dans plusieurs villes colombiennes le 6 mars pour protester contre les atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité. Ces rassemblements sont organisés à l’initiative du Mouvement des victimes des crimes de l’État (MOVICE), une coalition de défense des droits humains.

Plusieurs syndicalistes et défenseurs des droits humains colombiens ont été tués ou menacés, juste avant ou peu après les grandes manifestations du 6 mars 2008, également organisées par le MOVICE. De nombreuses organisations colombiennes de défense des droits humains avaient alors reçu des menaces par courriel, émanant semble-t-il de groupes paramilitaires.

« On ne peut laisser se reproduire les menaces et les homicides qui ont marqué de manière tragique les manifestations de l’an dernier. Les autorités colombiennes se doivent de garantir le droit légitime de chacun de manifester pacifiquement », a déclaré Marcelo Pollack, directeur adjoint provisoire du programme Amériques d’Amnesty International.

Amnesty International engage les autorités colombiennes à assurer la sécurité des organisateurs des manifestations du 6 mars, ainsi que celle des participants. En outre, les autorités doivent mener une enquête impartiale et efficace sur les menaces et les homicides survenus en 2008, ainsi que sur les violences ciblant les défenseurs des droits fondamentaux, les syndicalistes et les militants, en vue de déférer tous les responsables présumés à la justice.

Cette année, les manifestations dénoncent principalement le problème des exécutions extrajudiciaires imputables aux forces de sécurité. Depuis plusieurs années, les organisations colombiennes de défense des droits humains s’efforcent d’attirer une attention nationale et internationale sur cette question et d’obtenir des mesures de la part des autorités. Alors qu’ils s’attachent à dénoncer ces exécutions extrajudiciaires et l’impunité qui caractérise ces affaires, les défenseurs reçoivent des menaces de mort et font l’objet de critiques publiques émanant de représentants du gouvernement, qui laissent entendre que leur travail s’inscrit dans une stratégie de la guérilla visant à jeter le discrédit sur les forces de sécurité.

Complément d’information

Le conflit armé que connaît la Colombie depuis plus de quarante ans met aux prises les forces de sécurité et les paramilitaires avec les groupes de guérilla. Les civils demeurent les principales victimes du conflit, les deux parties s’obstinant à bafouer le droit de la population civile de ne pas se laisser entraîner dans les hostilités. Tous les belligérants – forces de sécurité, groupes paramilitaires et mouvements de guérilla – sont responsables d’atteintes aux droits humains systématiques et généralisées et de violations du droit international humanitaire.

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