Croatie. Le gouvernement doit enquêter sur les agressions dont sont victimes des journalistes

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’inertie des autorités croates face aux menaces visant des journalistes a contribué à créer un climat d’intimidation qui contraint ceux-ci à travailler au péril de leur vie, a déclaré Amnesty International ce samedi 29 novembre 2008.

L’organisation s’inquiète de ce phénomène parce que Drago Hedl, un des journalistes les plus connus du pays, vient de recevoir de nouvelles menaces de mort après avoir publié les conclusions de son enquête suggérant qu’un haut responsable croate serait impliqué dans le massacre de Serbes de Croatie à Osijek, pendant la guerre de 1991-1995.

Les menaces à l’encontre de Drago Hedl visent sans aucun doute à décourager les journalistes qui comme lui ont joué un rôle crucial dans la dénonciation des atteintes aux droits humains de rendre publiques leurs conclusions, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Les autorités croates doivent montrer l’exemple en enquêtant sur ces menaces et en traduisant leurs auteurs présumés en justice.
Drago Hedl a reçu au moins quatre menaces de mort, en lien avec des articles d’investigation sur les crimes de guerre commis à Osijek. Le 27 novembre, il a reçu de nouvelles menaces sous forme de SMS envoyés sur son téléphone portable. Drago Hedl a obtenu une protection policière après cet épisode.

Drago Hedl est l’un des journalistes croates les plus connus. Lauréat de nombreux prix internationaux pour ses enquêtes sur les crimes de guerre commis en Croatie de 1991à 1995, il s’intéresse particulièrement aux exactions commises dans la région d’Osijek.

Nous demandons instamment aux autorités croates de mener dans les meilleurs délais une enquête effective et impartiale pour que les auteurs présumés de ces menaces soient déférés à la justice. L’organisation appelle également les autorités à prendre des mesures pour mettre fin aux actes d’intimidation de plus en plus nombreux et aux agressions, qui se soldent parfois par la mort des personnes visées.

Complément d’information
Des journalistes ont été la cible de plusieurs attaques en 2008 en Croatie. D’après les informations dont dispose Amnesty International, aucune enquête n’a abouti et aucun des responsables présumés de ces actes n’a comparu en justice.

En octobre, Ivo Pukanic, propriétaire de l’hebdomadaire croate Nacional a été tué dans un attentat à la voiture piégée à Zagreb. Sa mort serait liée aux enquêtes menées par son journal sur les activités du crime organisé dans l’ex-Yougoslavie.

En juin, Dusan Miljus, journaliste au quotidien croate Jutarnji List, a été brutalement agressé par des inconnus devant chez lui à Zagreb, après avoir publié des articles sur l’implication de membres de la classe politique dans des activités commerciales illégales.

En novembre, une bombe factice a été découverte sous la voiture de Hrvoje Appelt. Cet acte serait lié à ses investigations sur un trafic illégal de pétrole impliquant le crime organisé d’autres pays de l’Europe du Sud-Est.

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