CUBA : Malgré quelques améliorations, les violations des droits humains se poursuivent

Index AI : AMR 25/006/02

Amnesty International a publié ce jour (lundi 20 mai 2002) un rapport sur la situation des droits humains à Cuba, où un certain nombre de droits fondamentaux de la personne sont toujours bafoués sur fond d’embargo économique imposé par les États-Unis.

Après la libération du dissident Vladimiro Roca le 5 mai, Amnesty International rappelle que six prisonniers d’opinion sont toujours incarcérés à Cuba, alors qu’ils n’ont fait qu’exprimer pacifiquement leurs convictions.

« Bien que le nombre de prisonniers d’opinion ait sensiblement diminué par rapport aux années précédentes, des dissidents sont encore pris pour cibles, tant par des représentants de l’État que par des sympathisants du gouvernement », a fait observer l’organisation de défense des droits humains.

Les informations recueillies par Amnesty International confirment une évolution caractérisée par la substitution progressive aux longues peines d’emprisonnement d’autres formes de sanctions et de harcèlement. Il s’agit notamment de placements en détention de courte durée, d’interrogatoires, de citations à comparaître, d’avertissements officiels, de menaces, de manœuvres d’intimidation, d’expulsions, de licenciements, de restrictions à la liberté de mouvement, de perquisitions domiciliaires, de placements en résidence surveillée, de mises sur écoute téléphonique ainsi que d’agressions verbales et physiques.

« Ce harcèlement ne vise pas seulement des individus clairement identifiés en tant que dissidents, il a pour but de réprimer des mouvements contestataires et réformateurs de plus grande envergure », a souligné Amnesty International.

Un moratoire non officiel a été instauré sur les exécutions. Il s’agit là d’une mesure positive, mais les dispositions législatives prévoyant la peine de mort sont toujours en vigueur et une cinquantaine de personnes sont encore emprisonnées sous le coup de sentences capitales. D’après les informations recueillies par l’organisation, des condamnés à mort sont parfois soumis à des conditions de détention s’apparentant à une forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant.

« Il est grand temps que le gouvernement cubain cesse de museler les dissidents non violents », a déclaré Amnesty International, en demandant que tous les prisonniers d’opinion soient libérés, que les lois ayant permis de les priver de leur liberté soient modifiées, et qu’il soit mis fin à toutes les formes de harcèlement dont sont victimes les dissidents politiques et les défenseurs des droits humains.

« À l’heure où de plus en plus de pays tournent le dos à la peine capitale dans le monde entier, nous saluons le moratoire de facto sur les exécutions qui prévaut à Cuba, et nous exhortons les autorités à franchir un nouveau cap en abolissant ce châtiment cruel aux conséquences irréversibles, et en commuant en peines d’emprisonnement toutes les condamnations à mort prononcées dans le pays », a ajouté l’organisation.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le rapport intitulé Cuba : The situation of human rights in Cuba [La situation des droits humains à Cuba] (index AI : AMR 25/002/02) sur la page suivante de notre site web :
http://web.amnesty.org/ai.nsf/recent/AMR250022002

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International, à Londres, au +44 20 7413 5566 ou consulter notre site web : http://www.amnesty.org

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