Des avocats sont harcelés, intimidés et emprisonnés

Les autorités tadjikes ont porté un coup majeur aux professions juridiques en orchestrant une manipulation politique du système pénal et en adoptant une législation répressive, a déclaré Amnesty International le 24 mai 2017 à l’approche de la Journée nationale des avocats dans le pays.

Une nouvelle synthèse dévoile l’éventail des méthodes répressives mises en œuvre par le gouvernement en vue d’intimider, de réduire au silence et d’écraser les avocats, sanctionnés pour l’exercice légitime de leur profession. Depuis deux ans, le nombre d’avocats autorisés à exercer a diminué de moitié.

« Dans un pays où les libertés fondamentales peinent à exister, où les détracteurs du gouvernement sont incarcérés et les médias indépendants bâillonnés, les avocats – et tout particulièrement ceux qui défendent les droits humains – jouent un rôle essentiel pour défendre ceux dont les droits sont menacés, a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale à Amnesty International.

« Les avocats sont dans le collimateur du gouvernement. Celui-ci a lancé un assaut soutenu qui a radicalement réduit leur nombre et limité leur indépendance, et qui se traduit par l’emprisonnement de ceux qui ne sacrifient pas leur devoir professionnel à la peur des représailles. »

Aux termes des modifications apportées en novembre 2015 à la loi régissant l’octroi des licences d’avocats, la procédure a de nouveau été placée sous le contrôle du ministère de la Justice. Le nombre d’avocats habilités a chuté, passant de plus de 1 200 en 2015 à tout juste 600 aujourd’hui.

Les avocats ayant défendu des clients accusés d’« extrémisme » sont de plus en plus soumis aux abus et à la persécution des autorités, notamment à des arrestations à titre punitif et à de lourdes peines de prison à l’issue de procès iniques. Leurs familles sont la cible d’actes de harcèlement et d’intimidation imputables aux forces de sécurité et aux autorités locales tadjikes.

Les avocats Bouzourgmekhr Yorov et Nouriddin Makhkamov ont défendu des membres détenus du parti d’opposition récemment interdit, le Parti de la renaissance islamique (PRI), en septembre 2015. Inculpés d’accusations liées au terrorisme et condamnés à des peines de plus de 20 ans chacun, ils croupissent aujourd’hui en prison et n’ont que peu de contacts avec leur famille.

Après l’arrestation de Bouzourgmekhr Yorov et Nouriddin Makhkamov, peu de leurs collègues étaient prêts à les défendre. Mouazamakhon Kadyrova a accepté de prendre en charge leur dossier, mais a été contrainte de fuir le pays lorsqu’elle a appris son arrestation imminente.

« Ces affaires rappellent cruellement les risques auxquels sont confrontés les avocats au Tadjikistan lorsque, dans l’exercice légitime de leur profession, ils défendent les droits des personnes que les autorités considèrent comme une menace à la sécurité nationale, a déclaré Denis Krivosheev.

« Amnesty International demande aux autorités tadjikes de libérer les avocats actuellement incarcérés, condamnés à l’issue de procès iniques, et de modifier sans délai la législation qui a causé la radiation du barreau de plus de la moitié des avocats au cours des deux dernières années. »

Les autorités tadjikes doivent respecter les droits fondamentaux, notamment ceux des avocats. Tous les avocats au Tadjikistan doivent être en mesure d’exercer leur profession, sans entrave et sans peur des représailles.

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