Des difficultés liées au respect des droits humains persistent

À l’heure où Aung San Suu Kyi arrive aux États-Unis pour rencontrer le président Barack Obama et assister à l’Assemblée générale des Nations unies, la communauté internationale doit maintenir la pression sur les autorités du Myanmar afin de les inciter à améliorer le bilan du pays en matière de droits humains, a déclaré Amnesty International mercredi 14 septembre.

La visite d’Aung San Suu Kyi aux États-Unis survient alors que le nouveau gouvernement civil entame son sixième mois au pouvoir. Il a déjà pris quelques mesures sur le terrain des droits humains mais continue à être confronté à des difficultés héritées d’un demi-siècle de dictature militaire.

«  Nous observons des changements encourageants, à mesure que le Myanmar sort de l’ombre du régime militaire. Mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir une rupture définitive avec le passif du pays en termes de violations des droits humains », a déclaré Rafendi Djamin, directeur pour l’Asie du Sud-est et le Pacifique à Amnesty International.

« Pendant près d’un quart de siècle, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté des résolutions sur les droits humains au Myanmar. Il est important que cela reste le cas cette année. Les progrès accomplis jusqu’à présent doivent être consolidés et développés, pas abandonnés ni affaiblis. »

Un nouveau gouvernement composé presque entièrement de civils, et mené par Aung San Suu Kyi, est arrivé au pouvoir en mars 2016 après la victoire éclatante de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), aux élections de 2015. Dès le début, il a été confronté à une série de difficultés de taille sur le plan des droits humains.

Tandis qu’il essaie de répondre à ces problèmes, le pouvoir de la NLD est grandement limité par l’influence persistante de l’armée du Myanmar, qui continue à contrôler des ministères clés, et qui, forte d’un quart des sièges au Parlement, est en mesure de bloquer les propositions de modification de la Constitution.

L’importance d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur la situation des droits humains au Myanmar est également soulignée par le fait qu’aucune des recommandations émises dans les résolutions précédentes n’ont été pleinement suivies.

« En ce qui concerne le conflit en cours, la difficile situation des Rohingya, l’aide humanitaire aux populations déplacées, l’obligation pour les auteurs de violations des droits humains de rendre des comptes, la lutte contre les discours de haine et la réforme des lois répressives, peu d’avancées ont été constatées  », a déclaré Rafendi Djamin.

« Toute décision de ne pas introduire de résolution lors de l’Assemblée générale doit se fonder sur une évaluation objective de la situation des droits humains dans le pays, plutôt que sur des considérations politiques. La réalité sur le terrain indique clairement qu’il est encore trop tôt pour que la communauté internationale relâche la pression. »

Complément d’information

Au cours des dernières 24 heures, l’Union européenne a introduit auprès de l’Assemblée générale des Nations unies une résolution en relation avec la situation des droits humains au Myanmar. Cette résolution permet d’exercer des pressions indispensables sur les autorités du Myanmar.
Face aux signes indiquant que l’Union européenne risquait de rompre de manière prématurée avec cette tradition, Amnesty International et d’autres organisations non gouvernementales ont appelé la communauté internationale à soutenir une résolution cette année afin d’aider le Myanmar à poursuivre certaines réformes cruciales sur le terrain des droits humains.
Les principales recommandations présentées dans la résolution de l’an dernier (résolution 70/233) n’ont pas été pleinement suivies.

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