« DIAMANTS DE LA GUERRE » : La face cachée de la Saint-Valentin

Index AI : POL 30/005/2005
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pour la Saint-Valentin, le 14 février, les bijoutiers vont tout mettre en
œuvre afin de vendre le symbole absolu de l’amour et de l’attachement.
Toutefois, Amnesty International avertit les consommateurs qu’il leur sera
difficile d’obtenir l’assurance que leurs diamants ne sont pas des produits
de la guerre entachés par des atteintes aux droits humains.

Selon une enquête menée auprès de détaillants et de fournisseurs en
Australie et dans six pays européens, moins d’une société interrogée sur
cinq était en mesure de communiquer des informations sérieuses sur sa
politique visant à empêcher le commerce des diamants en provenance de zones
de conflit.

Ces résultats décevants interviennent plus de deux ans après que les
professionnels de l’industrie du diamant se sont engagés à concrétiser un
système d’autorégulation, notamment fondé sur la production de garanties
écrites et la mise en œuvre d’un code de conduite pour soutenir le système
international de certification prévu par le Processus de Kimberley.

« Le commerce des " diamants de la guerre " dans des pays comme l’Angola, la
République démocratique du Congo, le Libéria et la Sierra Leone a déjà causé
la destruction de nations et coûté des millions de vies. Pourtant, certaines
entreprises nous ont répondu qu’elles n’étaient pas concernées et qu’il y
avait des choses plus importantes dans la vie », a déclaré Alessandra Masci
d’Amnesty International.

De juillet à décembre 2004, Amnesty International a adressé des lettres et
des questionnaires à des détaillants diamantaires en Australie, en
Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Suisse.

Sur les 291 sociétés qui ont reçu ces questionnaires ayant trait à leurs
orientations, 68 p. cent se sont abstenues de répondre. Sur les 94 qui ont
répondu :

 63 p. cent (59 sur 94) ont admis n’avoir aucune politique vis-à-vis des « 
diamants de la guerre » ;

 seules 36 p. cent ont affirmé avoir une politique visant à éviter de
vendre des « diamants de la guerre ». Toutefois, 76 p. cent (26 sur 34) de
celles-ci ne donnent pas de renseignements suffisants sur la mise en œuvre
du système de certification et les orientations, procédures et contrôles
qu’elles mettent en place pour l’étayer ;

 57 p. cent ont déclaré ne jamais ou rarement demander à leurs fournisseurs
de leur apporter la garantie que leurs diamants ne proviennent pas de zones
de conflit ;

 pour moins de 20 p. cent, il est d’usage de fournir à leurs clients un
certificat d’origine.

Cette enquête s’inscrit dans le sillage de celle menée au cours de l’été
2004 au Royaume-Uni et aux États-Unis*. Elle montre que l’industrie du
diamant en Europe et en Australie accuse un retard certain par rapport à ces
deux pays, en matière de dispositions globales mises en place et
d’application du système d’autorégulation. À la ­lumière de ces résultats,
les gouvernements doivent de toute urgence renforcer la surveillance de ce
système. Il leur faut tout particulièrement procéder à la vérification des
comptes et à des inspections rigoureuses au sein des sociétés de ce secteur,
afin que l’industrie du diamant applique son propre système d’autorégulation
et, surtout, que celui-ci fasse effectivement barrage au négoce des « 
diamants de la guerre ».

Les consommateurs ont eux aussi un rôle important à jouer en faisant
pression sur les bijoutiers afin qu’ils donnent suite aux engagements pris
en faveur de la lutte contre ce négoce. La Saint-Valentin leur offre une
occasion idéale d’évoquer cette question. Lorsqu’ils achètent des diamants,
les clients doivent demander une garantie écrite certifiant que ceux qui
leur sont vendus ne proviennent pas de régions en conflit et, par
conséquent, qu’ils ne contribuent pas à des atteintes aux droits humains.

* Pour prendre connaissance de l’enquête menée au Royaume-Uni et aux
États-Unis, veuillez consulter le rapport publié par Amnesty International
et Global Witness sous le titre Déjà Vu - The diamond industry still failing
to deliver on promises, (POL 34/008/2004, en format .pdf) :http://web.amnesty.org/library/pdf/POL340082004ENGLISH/$File/POL3400804.pdf