ÉGYPTE - Actes d’intimidation et agressions de journalistes et de manifestants pacifiques doivent cesser

Index AI : MDE 12/025/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International fait part de son soutien à l’ensemble des ONG égyptiennes qui continuent de militer en faveur de la liberté d’expression et du respect des droits humains et des principes du droit en Égypte ; l’organisation demande aux autorités d’enquêter sur les récentes allégations de violences physiques et sexuelles et de mettre un terme aux actes d’intimidation visant les opposants politiques dans le pays.

De nombreux manifestants qui appelaient au boycott du référendum sur la réforme constitutionnelle auraient été agressés physiquement par des partisans du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) le jour du référendum, le 25 mai. Parmi les personnes agressées se trouvaient des femmes et des journalistes de la presse nationale, dont Nawal Ali, Abeer al Askary, Hany al Asr, Iman Taha Kamel et Abdel Halim Qandil. Certaines agressions se sont produites devant le bureau du Syndicat des journalistes égyptiens en présence, semble-t-il, de membres des forces de sécurité qui ne sont pas intervenus pour protéger les personnes agressées.

Les actes d’intimidation se poursuivent. Le 3 juin, Muhammad Hassan Sayyid al Sharqawi, étudiant en langue arabe à l’université al Azhar, a été arrêté au Caire, en plein centre de la capitale et emmené au siège du Service de renseignements de la sûreté de l’État. Des articles écrits sur Internet auraient été la cause de son interpellation. Muhammad al Sharqawi a été remis en liberté le jour même.

Amnesty International demande instamment aux autorités égyptiennes d’ouvrir immédiatement une enquête approfondie et indépendante sur les agressions mentionnées plus haut et de poursuivre en justice leurs auteurs présumés. L’organisation renouvelle également son appel aux autorités pour qu’elles abrogent ou révisent les lois restreignant indûment les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion qui sont contraires aux obligations de l’Égypte au regard du droit international.

Complément d’information

En février 2005, le président Hosni Moubarak a soumis au parlement une proposition visant à modifier l’article 76 de la constitution égyptienne en instituant un mode de scrutin présidentiel à candidatures multiples. Tout en saluant cette proposition, certains militants politiques et de défense des droits humains ont jugé cette proposition « insuffisante » et ont manifesté en faveur d’une réforme politique de plus grande ampleur et d’une levée de l’état d’urgence. D’autres, parmi lesquels bon nombre de partis de l’opposition et les Frères musulmans, ont de plus appelé au boycott du référendum. Des milliers de manifestants, partisans pour la plupart de l’organisation interdite des Frères musulmans, ont été arrêtés au début du mois dernier, dans la droite ligne d’une politique d’arrestations en masse des Frères musulmans déjà appliquée lors d’élections parlementaires et présidentielle précédentes. Selon des sources officielles, l’amendement de l’article 76 de la constitution aurait été approuvé par plus de 80 pour cent des votants.

En dépit de la présentation par le président Moubarak en février d’un projet de loi abolissant les peines de prison pour publication d’articles jugés offensants, des journalistes continuent d’être emprisonnés, poursuivis pour diffamation, menacés et battus. Des équipes de télévision et des journalistes de chaînes étrangères ont également été interpellés et détenus pendant des heures dans le but de les empêcher de filmer des manifestations ou rassemblements en lien avec le référendum. Le projet de loi est toujours en cours d’examen plus d’un an après sa présentation.

Les ONG sont toujours soumises à la loi sur les ONG, très restrictive, adoptée en juin 2002. Cette nouvelle loi prévoit que les ONG s’adressent au ministère des Affaires sociales pour y être officiellement enregistrées. Celles dont les demandes sont refusées et qui continueraient d’opérer seraient passibles de poursuites.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International, au 02 543 79 04, ou consulter les sites http://www.amnesty.be et http://www.amnesty.org.

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