Communiqué de presse

Égypte. Les grâces octroyées à des prisonniers ne sont guère plus qu’un geste symbolique

Le décret présidentiel pris mercredi 23 septembre afin d’accorder une grâce à 100 personnes parmi lesquelles Mohamed Fahmy et Baher Mohamed, journalistes travaillant pour Al Jazira, et plusieurs militants emprisonnés illégalement, comme Sana Seif et Yara Sallam, est encourageant mais représente à peine plus qu’un geste symbolique, a déclaré Amnesty International.

L’organisation a affirmé que ces grâces, octroyées juste avant la fête de l’Aïd, doivent être suivies d’actions complémentaires afin d’améliorer le bilan consternant du président Abdel Fattah al Sisi en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne l’intolérance vis-à-vis de la dissidence non violente et des critiques à l’égard des autorités.

« Si ces grâces sont un énorme soulagement, certaines de ces personnes n’auraient pour commencer jamais dû se trouver derrière les barreaux. Des centaines de personnes sont maintenues en détention pour avoir manifesté ou pour avoir effectué leur travail de journaliste. Il faut annuler la condamnation de tous ceux qui ont été incarcérés pour avoir exercé de manière pourtant pacifique leur liberté d’expression, de réunion et d’association, ou en raison de leur travail de journaliste ou en faveur des droits humains, et les libérer immédiatement et sans condition », a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les prisonniers graciés le 23 septembre ne représentent qu’une infime partie des centaines de personnes ayant été soumises à une arrestation arbitraire et à une détention illégale à travers le pays. Ces grâces ne seront guère plus qu’un geste vide si elles ne sont pas suivies d’autres libérations de personnes victimes d’arrestations arbitraires, d’un respect accru pour le droit à la liberté d’expression et de réunion, et de l’obligation pour les auteurs de violations flagrantes des droits humains de rendre des comptes. »

Figurent sur la liste des personnes graciées Sana Seif et Omra Hazek, qui ont milité en faveur des droits humains et ont osé braver la loi répressive contre les manifestations. La liste inclut aussi Yara Sallam, défenseure des droits humains.

D’autres bénéficiaires de cette grâce sont les journalistes d’Al Jazira Mohamed Fahmy et Baher Mohamed, qui avaient récemment été déclarés coupables de « propagation de fausses nouvelles » de même que leur collègue Peter Greste, précédemment libéré, après avoir été arrêtés en 2013.

Les blogueurs Alaa Abdel Fattah et Ahmed Douma, les militants du Mouvement de la jeunesse du 6 Avril Ahmed Maher et Mohamed Adel, et la défenseure des droits humains Mahienoor Elmasry ne se trouvaient cependant nulle part sur cette liste. Manquaient également le photojournaliste Mahmoud Abu Zeid, également connu sous le nom de Shawkan, et l’étudiant Mahmoud Hussein, prisonniers d’opinion.

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