Émirats arabes unis : Ahmed Mansoor condamné à 10 ans de prison pour ses publications sur les réseaux sociaux

L’incarcération d’un éminent militant des droits humains aux Émirats arabes unis en raison de publications sur Facebook et Twitter est un coup dur pour la liberté d’expression dans le pays, a déclaré Amnesty International le 31 mai.

Ahmed Mansoor a été condamné le 29 mai à 10 ans de prison et à une amende de 1 000 000 de dirhams émiriens (environ 233 000 euros) pour ses publications sur les réseaux sociaux.

« Ahmed Mansoor est l’une des rares voix ouvertement critiques aux Émirats arabes unis et sa persécution est un nouveau coup dur porté à la défense des droits humains dans le pays, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International.

« C’est la décision d’enfermer Ahmed Mansoor pour les 10 prochaines années au seul motif qu’il a partagé son opinion sur les réseaux sociaux qui nuit gravement à la réputation des Émirats et à la soi-disant " harmonie sociale ", et non son militantisme pacifique.

« Ahmed Mansoor est un prisonnier d’opinion pris pour cible, jugé et condamné parce qu’il a utilisé Facebook et Twitter pour partager ses pensées. Il n’aurait jamais dû être inculpé et doit être libéré immédiatement.  »

Selon certaines informations, Ahmed Mansoor a été déclaré coupable de « publication de fausses informations, de rumeurs et de mensonges sur les Émirats arabes unis », susceptibles de « porter atteinte à l’harmonie sociale et à l’unité nationale ».

Pour ce « crime », il doit répondre des chefs d’inculpation de « publication de fausses informations dans le but de nuire à la réputation des Émirats arabes unis à l’étranger » et de « présentation des Émirats arabes unis comme une terre sans loi ». Il a été acquitté du chef d’accusation de « coopération avec une organisation terroriste agissant en dehors du pays ».

Il a été condamné par la Chambre de sûreté de l’État de la Cour d’appel fédérale à Abou Dhabi. Il peut faire appel de sa condamnation devant la Chambre de sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale.

Le procès d’Ahmed Mansoor a débuté mi-mars et s’est poursuivi lors d’une audience le 11 avril. Une troisième audience s’est peut-être déroulée le 9 mai, mais cette information n’a pas été confirmée. Il a été condamné le 29 mai, ce qui n’a été révélé que le lendemain.

Amnesty International demande la libération immédiate et sans condition d’Ahmed Mansoor, ce qui englobe l’annulation de sa condamnation. Dans l’attente de sa libération, il doit pouvoir consulter un avocat immédiatement et régulièrement, entrer en contact avec sa famille et bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin.

Complément d’information

Ahmed Mansoor est détenu depuis le 20 mars 2017 et, la plupart du temps, enfermé à l’isolement. Les autorités n’ont jamais confirmé son lieu de détention et il n’a eu droit qu’à deux visites de sa famille. En ces occasions, Ahmed et ses proches ont été conduits devant le procureur.

Ce n’est pas la première fois qu’Ahmed Mansoor est condamné pour avoir exprimé ses opinions. En 2011, la Chambre de sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale l’a condamné à trois ans de prison pour avoir « insulté les dirigeants émiriens dans des discours et des conférences publiques », « fourni de fausses informations et nouvelles sur les Émirats arabes unis susceptibles de nuire à la politique de l’État » et « contacté des organisations internationales de défense des droits et des organisations politiques travaillant à l’étranger ». Toutefois, il n’a pas purgé cette peine, ayant été gracié par le chef de l’État émirien.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Nicaragua : justice pour Amaya et les autres activistes persécutés

Amaya Coppens, une belgo-nicaraguayenne, et d’autres étudiants sont victimes de la répression du gouvernement. Signez la pétition !