Escalade de la répression lors de manifestations pacifiques

Les autorités du Bélarus ont arrêté plusieurs dizaines de manifestants pacifiques et de journalistes dans le pays au cours du week-end, ce qui constitue une escalade dans la répression de la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International lundi 13 mars.

Selon certaines informations parues dans les médias, au moins 48 manifestants, parmi lesquels des dirigeants de la société civile et des journalistes indépendants, ont été arrêtés les 10, 11 et 12 mars en lien avec des manifestations dans les villes de Babrouisk, Kobryn, Brest, Louninets et Maladzetchna. Des rassemblements dont le mot d’ordre était « Nous ne sommes pas des parasites » ont été organisés pour protester contre la taxe sur les « parasites sociaux » imposée à des personnes sans emploi.

« Au Bélarus, où les libertés fondamentales sont étranglées, nous n’avions pas vu des manifestations d’une telle ampleur depuis des années, ce qui semble avoir pris les autorités par surprise, a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Après avoir dans un premier temps autorisé les manifestations contre la très controversée taxe sur le chômage, les autorités sont maintenant revenues à leur réaction réflexe consistant à arrêter des manifestants pacifiques. Cette escalade est inquiétante et l’arrestation arbitraire des voix dissidentes doit cesser immédiatement. »

« Les autorités du Bélarus ne doivent pas réprimer les opposants pacifiques simplement parce qu’ils ont osé exprimer leur opinion. Au lieu de les arrêter, elles doivent respecter les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Toute personne arrêtée au cours des manifestations pour avoir critiqué le gouvernement doit être libérée immédiatement », a déclaré John Dalhuisen.

Complément d’information

Les manifestations au Bélarus ont éclaté à la mi-février après que des centaines de milliers de citoyens et citoyennes sans emploi ont reçu un avis d’imposition faisant suite au décret présidentiel « relatif à la prévention de la dépendance sociale ». Ce texte, adopté en 2015 afin de lutter contre ce que les autorités ont appelé le « parasitisme social », impose une taxe spéciale aux personnes qui n’ont pas travaillé et n’ont pas payé d’impôts depuis plus de six mois. Le montant de cet impôt forfaitaire est de 4,6 millions de roubles biélorusses (environ 226 euros). Le non-paiement de la taxe est passible d’une peine de détention administrative et de travaux d’intérêt général susceptibles de constituer une forme de travail forcé.

Après la première vague de manifestations, le président Alexandre Loukachenko a annoncé la suspension du décret pendant un an en vue de le « corriger ». Personne n’a été arrêté lors de ces premières manifestations, mais au moins 18 personnes ont été interrogées par la police et un juge les a condamnées à des amendes administratives pour participation à un rassemblement « non autorisé ».

Les 10, 11 et 12 mars 2017, au moins 48 personnes, dont les organisateurs des manifestations, d’autres participants et des journalistes indépendants, ont été arrêtées au Bélarus.

Samedi 11 mars, un tribunal de Maladzetchna (centre du pays) a condamné les militants Youri Houbarevitch, Anatol Liabedzka et Vitali Rymachevski à 15 jours de détention administrative et la militante Volha Kavalkova à 5 jours pour participation à un « rassemblement non autorisé ». À Maladzetchna, 11 autres personnes ont été condamnées à des amendes administratives.

Le 12 mars, la police a arrêté un groupe de dirigeants de l’opposition et au moins trois journalistes à Vorcha (dans l’est). Parmi eux figurait un ancien prisonnier d’opinion, Pavel Severinets. Leur procès doit avoir lieu lundi 13 mars.

Les procès des militants Andreï Deniouchkine, Rouslane Khalikau, Dimitri Levtchouk, Ouladzimir Assintchak et Kanstantsine Kopat et des blogueurs Dimitri Garbunou et Syarhey Petroukhine étaient également prévus lundi à Brest (ouest du Bélarus).

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