Etats-Unis. Amnesty International condamne l’exécution Teresa Lewis.

Communiqué de presse

le 22 septembre 2010.

L’exécution de Teresa Lewis est prévue pour le 23 septembre 2010 en Virginie, aux États-Unis. Cette femme, dont le quotient intellectuel a été évalué comme se situant à la limite du retard mental, a été condamnée à la peine capitale pour avoir planifié l’homicide de son mari et de son beau-fils. Les hommes qui ont perpétré les meurtres ont été condamnés à la réclusion à perpétuité.

Suite à la décision du gouverneur de Virginie de ne pas intervenir pour lui accorder la grâce, le seul espoir de Teresa Lewis d’échapper à l’injection létale est un appel lancé par ses avocats à la Cour Suprême qui dans son arrêt « Atkins v. Virginia » en 2002 a déclaré l’exécution de retardés mentaux contraire à la Constitution.

Rappel des faits :

Matthew Shallenberger et Rodney Fuller ont abattu Julian Lewis et son fils adulte, Charles Lewis, chez eux, très tôt le 30 octobre 2002. Le 15 mai 2003, Teresa Lewis a plaidé coupable de meurtre passible de la peine de mort pour son rôle dans ces homicides. De ce fait, sa sentence devait être prononcée par un juge, et non par un jury. L’accusation a affirmé que cette femme avait poussé Matthew Shallenberger et Rodney Fuller à commettre ces meurtres. S’appuyant largement sur la manière dont le procureur avait présenté l’affaire, le juge a estimé que Teresa Lewis en était le « cerveau » et il l’a condamnée à la peine capitale. L’accusation a convenu que Rodney Fuller devait être condamné à la réclusion à perpétuité pour avoir plaidé coupable et coopéré, et le juge a déclaré qu’il ne pouvait pas, « en toute conscience », condamner Matthew Shallenberger à une peine plus lourde que celle de Rodney Fuller.

Un psychologue a fait passer un test à Teresa Lewis avant qu’elle plaide coupable et a évalué son quotient intellectuel (QI) à 72, un niveau à la limite du retard mental. Des examens menés après sa condamnation ont apporté d’autres éléments mettant en évidence ses handicaps mentaux. Un second psychologue, désigné par l’État, a évalué le QI de cette femme à 70. Des experts médicaux ont diagnostiqué chez elle un trouble de la personnalité dépendante et une dépendance aux analgésiques, deux problèmes dont elle souffrait déjà avant le double homicide, ce qui remet encore plus en cause l’idée qu’elle puisse avoir planifié ces meurtres.

Le QI de Matthew Shallenberger, en revanche, a été évalué à 113 (et celui de Rodney Fuller à 68). Dans un entretien mené en 2004 par l’équipe chargée de la défense de Teresa Lewis, Matthew Shallenberger a déclaré qu’il avait tout orchestré et que les meurtres avaient été son idée.

Les avocats de Teresa Lewis ont obtenu une évaluation de sa santé mentale après sa condamnation en 2003. Et en 2004, plusieurs spécialistes ont confirmé la faiblesse de ses capacités intellectuelles. L’un d’eux a conclu que « lorsque plusieurs sources d’information sont prises en compte, il devient parfaitement évident que Teresa ne possédait ni l’intelligence verbale, ni le degré d’initiative indépendante nécessaires pour élaborer et mettre en place un plan visant à tuer les victimes ».

Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances et dans tous les pays. Depuis la reprise des exécutions judiciaires aux États–Unis en 1977, les autorités de ce pays ont ôté la vie à 1 224 personnes : 1213 hommes et 11 femmes (soit 99 % d’hommes). Cent-sept de ces exécutions ont eu lieu en Virginie. Virginia Christian est la dernière femme à avoir été exécutée dans cet État. Elle a été tuée sur la chaise électrique le 11 août 1912 pour un meurtre commis alors qu’elle était âgée de 17 ans. La dernière femme à avoir été exécutée aux États-Unis était Frances Newton. Elle a été mise à mort au Texas en septembre 2005. Trente-huit personnes ont été exécutées aux États-Unis cette année, dont deux en Virginie.

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