ÉTATS-UNIS : Les brutalités policières à caractère raciste demeurent endémiques dans de nombreux endroits

Index AI : AMR 51/113/02

" Des enregistrements vidéos réalisés au cours des huit derniers jours montrant des policiers américains qui battaient deux suspects noirs sans arme, dans le cadre d’affaires distinctes, rappellent de manière troublante que l’usage abusif de la force par la police demeure une pratique endémique dans de nombreux endroits ", a déclaré ce jour (vendredi 12 juillet 2002) Amnesty International.

Des images filmées samedi soir montrent un policier d’Inglewood (une ville proche de l’aéroport de Los Angeles) qui soulève un jeune menotté et lui cogne la tête sur le capot d’une voiture de police. L’autre enregistrement vidéo, réalisé lundi, montre deux policiers d’Oklahoma City frappant de manière répétée un suspect à terre avec leurs matraques. Un aérosol de gaz poivre a été pulvérisé sur le suspect à deux reprises. Dans chaque affaire, les policiers impliqués étaient blancs et les suspects noirs.

" Ces événements sont d’autant plus préoccupants qu’ils se sont produits dans les deux cas au cours d’opérations de routine d’interpellation et de fouille, a souligné Amnesty International. Si certains services de police ont adopté des réformes après avoir fait l’objet d’une surveillance renforcée ces dernières années, ces changements ne se sont pas répandus dans tous les services ou à tous les niveaux, et les allégations de brutalités policière, en particulier à l’égard de suspects issus de minorités, demeurent monnaie courante dans de nombreux endroits. "

Amnesty International se réjouit d’apprendre que des enquêtes ont été ouvertes sur ces deux affaires, mais elle est troublée par les propos d’une porte-parole de la police d’Oklahoma City, qui a apparemment justifié les actes des policiers en affirmant que le suspect n’avait " pas obtempéré ". Les normes internationales, telles que le Code de conduite des Nations unies pour les responsables de l’application des lois, disposent que ceux-ci ne doivent employer la force qu’en dernier recours et que leur action doit être proportionnelle à la menace à laquelle ils sont confrontés. Le fait de battre de manière répétée un suspect résistant à peine, notamment lorsqu’il est allongé à terre, est manifestement incompatible avec ces normes.
Les services de police d’Oklahoma City avaient déjà été impliqués dans d’autres affaires troublantes précédemment. Ainsi, en janvier 2001, Amnesty International avait écrit au chef de la police de cette ville pour lui faire part de sa préoccupation concernant le cas de Billy Bennett Jr, mort en septembre 2000 après qu’on lui eut ligoté ensemble ses poignets et ses chevilles derrière le dos et qu’on eut pulvérisé sur lui un aérosol de gaz poivre.

Le coroner avait conclu que la mort de cet homme n’était pas due à une " asphyxie traumatique " (provoquée par l’immobilisation forcée de la victime). Amnesty International avait néanmoins exhorté les services de police d’Oklahoma City à interdire la pratique consistant à ligoter ensemble les poignets et les chevilles d’un individu derrière son dos – en soulignant qu’il s’agissait d’une méthode d’immobilisation dangereuse –, et à revoir les modalités d’utilisation des aérosols de gaz poivre. Dans cette même lettre, l’organisation s’était également inquiétée de constater que plusieurs cas d’usage meurtrier d’armes à feu par des policiers d’Oklahoma City avaient été signalés en l’espace de quatre mois.

Amnesty International fera part directement de ses préoccupations concernant les deux dernières affaires en date aux services de police impliqués, en les exhortant à revoir leurs règles en matière de recours à la force, et à veiller à ce que les normes relatives aux droits humains soient intégrées dans la formation de la police et pleinement respectées.

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