Forum des îles du Pacifique : Il faut agir pour que cesse la crise sanitaire qui touche les enfants à Nauru

La crise sanitaire qui s’aggrave à Nauru et touche les mineurs réfugiés et la politique honteuse du gouvernement australien vis-à-vis des réfugiés doivent figurer en tête des points à l’ordre du jour lors de la rencontre des chefs de gouvernement de la région au Forum des îles du Pacifique la semaine prochaine, écrit Amnesty International dans une lettre ouverte cosignée par une coalition de 84 organisations influentes de la société civile.

Cette lettre exhorte les dirigeants du Forum à demander l’abandon immédiat de la politique cruelle et abusive de l’Australie vis-à-vis des réfugiés. En effet, plus de 2 000 hommes, femmes et enfants sont parqués à Nauru et sur l’île de Manus dans des conditions cruelles et dégradantes depuis cinq ans.

«  Les dirigeants des îles du Pacifique ne peuvent ignorer cette question plus longtemps et doivent veiller à l’inscrire au premier rang de l’ordre du jour du Forum, a déclaré Roshika Deo, chercheuse sur le Pacifique à Amnesty International.

«  Cette situation désespérée nécessite d’agir de toute urgence. Les dirigeants régionaux doivent montrer qu’ils ne vont pas rester inactifs tandis que la politique du gouvernement australien, contraire aux droits humains, met en péril d’autres vies. C’est une honte pour la région.  »

En début de semaine, trois professionnels de santé ont averti que les enfants réfugiés sur Nauru subissent une crise sanitaire sans précédent et que certains risquent de mourir. Des documents divulgués à des médias en Australie révèlent des actes d’automutilation, par exemple le cas d’une adolescente de 14 ans qui « s’était aspergée d’essence et tenait un briquet » et d’un enfant de 10 ans qui a « tenté de se faire du mal en ingérant des objets métalliques pointus ».

« Il est clair que le système ne fonctionne plus, puisque des enfants vont jusqu’à s’automutiler », a déclaré Roshika Deo.

Ces informations inquiétantes ont été publiées une semaine après qu’un garçon de 12 ans, dans un état critique, a finalement été emmené en Australie pour y être soigné, le gouvernement ayant à plusieurs reprises retardé son transfert, malgré l’avis médical pointant un risque de mort imminente.

Ces révélations choquantes interviennent alors que le gouvernement australien a commencé à revenir sur les services de santé et de soutien apportés aux réfugiés, notamment en supprimant les services d’aide psycho-sociale et l’accès à des traducteurs l’an dernier.

Amnesty International demande au gouvernement australien de cesser de délocaliser le traitement des demandes d’asile et de transférer immédiatement en Australie ou dans un pays tiers sûr tous les réfugiés et demandeurs d’asile envoyés à Nauru et sur l’île de Manus. Les dirigeants du Forum des îles du Pacifique doivent veiller à ce que les droits humains des réfugiés dans leurs territoires soient protégés.

Le Forum, organisation intergouvernementale qui vise à promouvoir la coopération entre les États du Pacifique, se déroulera à Nauru du 3 au 6 septembre.

Complément d’information

Le 19 juillet 2013, l’Australie a adopté une politique au titre de laquelle toute personne arrivant en bateau sur le territoire australien, y compris en Australie continentale, se voit interdire de demander l’asile dans le pays. De ce fait, toute personne arrivant par bateau est transférée sur l’île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou à Nauru, et même les personnes reconnues en tant que réfugiés ne sont jamais autorisées à s’installer en Australie.

Plus de 1 600 personnes se trouvent toujours sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru, la majorité étant reconnues comme réfugiées. Au titre d’un accord bilatéral, qui prévoit que le gouvernement américain accueille jusqu’à 1 250 réfugiés, près de 400 réfugiés ont rejoint les États-Unis en 2017.

Cependant, des centaines de personnes risquent de rester sur l’île de Manus et à Nauru pour une durée indéterminée dans des conditions épouvantables, sans aucune certitude quant à l’avenir.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, des réfugiés et des demandeurs d’asile ont été violemment agressés par des habitants, des employés et des représentants des autorités. À Nauru, de nombreuses informations font état de violences physiques et sexuelles, notamment contre des femmes et des enfants. Nauru et la Papouasie-Nouvelle-Guinée sont incapables de protéger les réfugiés et les demandeurs d’asile, et le gouvernement australien refuse d’assumer ses responsabilités vis-à-vis de ceux qui demeurent sous son contrôle effectif dans ces territoires.

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