Communiqué de presse

Forum économique mondial. La transparence du monde des affaires est vitale pour les droits humains de la jeunesse africaine

Les dirigeants africains du monde politique et des affaires doivent promouvoir des systèmes financiers transparents et responsables qui favorisent les droits économiques et sociaux, comme l’éducation et la santé, pour la jeunesse du continent, a déclaré Amnesty International vendredi 5 juin 2015 alors que s’est ouvert le Forum économique mondial au Cap, en Afrique du Sud.

Amnesty International demande la promotion de la libre circulation des populations, l’accès à l’information, la maîtrise des confiscations de terres par les entreprises et la promotion de la liberté d’expression.

« Les jeunes Africains affirment que la " croissance " se fait à leurs dépens. Les dirigeants politiques et les chefs d’entreprises mettent presque exclusivement l’accent sur la croissance économique, un critère qui ne tient pas compte de la marginalisation ni des profondes inégalités. L’Afrique perd des milliards de dollars chaque année en raison des flux financiers illicites et de la fraude fiscale des entreprises, subtilisant aux pays africains des ressources qu’ils pourraient allouer à l’éducation et à la santé. Ainsi, de nombreux jeunes vivent dans la pauvreté sur un continent riche en minerais, a déclaré Edward Ndopu, coordinateur régional chargé du militantisme et des jeunes à Amnesty International.

« Il faut tuer dans l’œuf la corruption et les pratiques immorales afin de lutter contre les inégalités et de réaffecter les ressources au financement de la réalisation de droits humains essentiels, comme les droits à l’éducation et à la santé. Cela est nécessaire pour atteindre des objectifs de développement durable. »

Cinq recommandations, adoptées en marge du Forum économique mondial, seront dévoilées dans le cadre de la campagne menée notamment par Amnesty International, #AfricaNot4Sale. Cette campagne prône l’éthique au niveau des activités des entreprises sur le continent africain et la transparence au niveau des relations entre le monde des affaires et les gouvernements.

Sur la question des « saisies de terres » par les entreprises en particulier, #AfricaNot4Sale réclame la création d’un organisme africain indépendant chargé de surveiller et de suivre l’acquisition de terres et les expulsions forcées.

« Bien des gens sur le continent sont contraints de quitter leur foyer et sont jetés à la rue pour laisser place à des projets d’infrastructure dont ils ne bénéficient pas. Il faut cesser de dévaloriser la vie des Africains de cette manière », a déclaré Edward Ndopu.

Face aux restrictions du droit de circuler librement, à la fermeture du cyberespace dans de nombreuses régions du continent, à l’absence de transparence au niveau du monde des affaires, aux saisies de terres à des fins lucratives et à la suppression de la liberté d’expression, #AfricaNot4Sale a adopté cinq résolutions majeures qu’elle présente aujourd’hui au Forum économique mondial sur l’Afrique.

Voici les cinq principales recommandations du réseau #AfricaNot4Sale :

 Promouvoir et renforcer la réglementation relative aux acquisitions de terres à grande échelle en mettant sur pied un organisme africain indépendant chargé de surveiller et de suivre ces acquisitions et les expulsions forcées, dans l’intérêt d’une Afrique où les communautés sont prises en compte et où leur droit à la vie est protégé.

 Promouvoir et protéger le droit à l’information en élaborant et en adoptant une Charte de l’Union africaine sur les droits et libertés relatifs à Internet, dans l’intérêt d’une Afrique en ligne.

 Renforcer la réglementation relative aux flux financiers illicites et à la fraude fiscale des entreprises, en mettant sur pied un organisme africain indépendant chargé de surveiller et de suivre ces pratiques, dans l’intérêt d’une Afrique éthique et transparente.

 Inviter les dirigeants africains à développer et à appliquer des politiques migratoires progressistes, dans l’intérêt d’un continent mobile où les droits des migrants et des réfugiés sont protégés.

 Les entreprises et les gouvernements doivent encourager les arts comme moyen de promouvoir la liberté d’expression, en investissant dans les industries de la création, dans l’intérêt d’une Afrique créative.

Complément d’information

Ces cinq recommandation majeures formulées par #AfricaNot4Sale ont été adoptées lors d’une table ronde qui s’est déroulée à la Bourse de Johannesburg le 10 avril 2015. Les participants ont critiqué la rhétorique de l’« essor de l’Afrique », qui mise sur la seule croissance économique pour façonner l’avenir, et ont proposé des modèles alternatifs. Cet évènement a réuni 20 jeunes remarquables défenseurs des droits humains venus de toute l’Afrique pour dialoguer pendant deux jours sur la responsabilité des entreprises dans la vie de la jeunesse africaine.

L’Afrique est le continent qui a la population la plus jeune au monde. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, l’âge moyen en Afrique est de 19,7 ans. Ce chiffre tranche avec l’âge moyen dans le monde qui est de 30,4 ans. Bien que représentant une si grande partie de la population de l’Afrique, les jeunes demeurent insatisfaits et dépossédés en termes de droits sociaux et économiques.

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