GRÈCE Arrestations de réfugiés, demandeurs d’asile et SDF

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International est préoccupée par les informations qui lui
parviennent concernant l’interpellation et la mise en détention de réfugiés,
immigrants, demandeurs d’asile et personnes sans domicile fixe, dans le
cadre des mesures prises par le gouvernement grec pour la plus grosse
opération de sécurité jamais réalisée dans l’histoire des Jeux olympiques.

« Il existe un réel danger de voir les mesures de sécurité mises en place à
l’occasion des Jeux mettre en danger les droits sociaux et économiques de
minorités vulnérables telles que les Roms », a déclaré Amnesty
International.

Les droits sociaux et économiques d’un groupe de familles appartenant à la
communauté des Roms (Tsiganes) ont été bafoués lorsqu’ils ont été forcés de
quitter leurs maisons situées à proximité du chantier de construction du
stade olympique. Les autorités grecques n’ont pas respecté un accord passé
qui prévoyait la prise en charge d’une partie de leurs loyers dans des
foyers d’hébergement et leur relogement à long terme. Cent trente-sept
personnes étaient concernées - leurs aides au logement et leurs allocations
mensuelles n’ont pas été versées de façon régulière. Certaines familles
auraient été confrontées à des problèmes de discrimination lors de leurs
recherches d’un nouveau logement et après avoir trouvé une maison à louer
n’auraient pas pu le faire parce que les allocations que devait leur verser
la municipalité n’avaient pas été versées à temps.

« Le gouvernement grec doit protéger les athlètes, les officiels, les
journalistes et les spectateurs. Il est responsable de la sécurité de ses
citoyens et de ses invités. Toutefois, cela ne doit pas se faire au
détriment des droits humains, en particulier de ceux des groupes vulnérables
 », a déclaré Amnesty International.

Amnesty International s’inquiète du fait que, sous prétexte de renforcer la
sécurité, des fonctionnaires de l’État violent en toute impunité les droits
humains fondamentaux et encouragent une discrimination fondée sur des
critères de race. L’organisation est préoccupée par :

 le manque de transparence dans la façon dont la sécurité est
organisée, en particulier en ce qui concerne les mécanismes de contrôle et
de responsabilisation ;

 le fait que les musulmans soient désignés de manière discriminatoire
au nom de la sécurité ;

 la violation des droits des immigrants, demandeurs d’asile et
réfugiés ;

 la violation des droits fondamentaux de groupes de personnes
socialement marginalisées ;

 l’impunité accordée aux responsables de la sécurité et aux
représentants de l’État ;

 la nouvelle législation sur le « terrorisme » qui ne garantit pas la
pleine équité des procès et ne définit pas clairement ce que sont les « 
actes terroristes ».

En 2001, lors d’une affaire portée devant la Cour européenne des droits de
l’homme à Strasbourg par un demandeur d’asile en attente d’expulsion détenu
en Grèce, la Cour a fait observer que les conditions de détention dans ce
pays pouvaient dans certains cas être apparentées à des traitements
inhumains et dégradants.

Amnesty International s’inquiète des conditions de détention en Grèce. En
juillet 2004, Amnesty International a fait part au gouvernement grec de ses
préoccupations concernant les conditions de détention dans les quartiers de
haute sécurité de la prison de Korydallos. Selon certaines informations, les
conditions de détention y seraient telles qu’elles s’apparenteraient à un
traitement inhumain et dégradant, notamment du fait du manque d’hygiène des
cellules, de l’absence de tout accès à des activités de groupe, sportives ou
de plein air et du manque de prise en charge rapide au niveau médical.

La Convention européenne des droits de l’homme, à laquelle la Grèce est État
partie, stipule que toute personne privée de sa liberté par arrestation ou
détention a le droit d’introduire un recours devant un tribunal afin qu’il
statue à bref délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération
si la détention est illégale. La Convention stipule également que nul ne
peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou
dégradants.

« Des Jeux olympiques qui se dérouleraient sur fond de mesures de sécurité
violant les droits humains seraient l’antithèse de l‘objectif premier de ces
Jeux qui est d’encourager la compétition pacifique, la poursuite de
l’excellence et un sentiment commun d’humanité », a déclaré Amnesty
International.

Alors que les Jeux olympiques retrouvent la ville qui les a vus renaître et
leur pays d’origine, Amnesty International en appelle au gouvernement grec
pour qu’il donne des garanties concrètes prouvant que les droits
fondamentaux de tous seront pleinement respectés en Grèce et que toutes les
mesures risquant de remettre en cause les droits humains seront rapidement
modifiées ou annulées.

Complément d’information

Les Jeux olympiques d’Athènes, les premiers Jeux d’été à se dérouler depuis
l’attaque du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, débuteront le 13 août,
entourés de mesures de sécurité sans précédent. Le gouvernement grec a
dépensé plus d’un milliard de dollars américains et déployé des dizaines de
milliers de soldats et officiers pour assurer la sécurité des Jeux. Un
certain nombre d’autres pays ont envoyé leurs propres experts en matière de
sécurité à Athènes. Les contrôles aux frontières ont été renforcés et la
surveillance maritime et aérienne accrue.

Les responsables grecs ont annoncé qu’un camp miliaire désaffecté d’Athènes
était en train d’être transformé en centre de détention pour les étrangers
qui enfreindraient les lois grecques.

Index AI : EUR 25/005/2004

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