GRÈCE : Le militaire de carrière Giorgos Monastiriotis est un prisonnier d’opinion : il doit être libéré

Index AI : EUR 25/011/2004
ÉFAI

Mercredi 22 septembre 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 13 septembre 2004, l’objecteur de conscience Giorgos Monastiriotis, âgé
de vingt-quatre ans, a été arrêté et déféré aussitôt devant le tribunal
maritime militaire du Pirée. Ce même jour, il a été condamné à une peine de
trois ans et quatre mois d’emprisonnement pour désertion, et immédiatement
transféré à la prison de Corinthe.

Amnesty International considère Giorgos Monastiriotis comme un prisonnier
d’opinion, emprisonné pour son objection de conscience à sa participation à
la guerre récente en Irak ; l’organisation demande sa libération immédiate
et inconditionnelle.

Giorgos Monastiriotis, qui s’était engagé dans la marine militaire grecque
pour cinq ans, avait refusé pour des raisons de conscience de suivre son
unité en mai 2003, quand la frégate Navarino, sur laquelle il servait, avait
été envoyée dans le Golfe persique, dans le cadre de l’opération Enduring
Freedom. À la connaissance d’Amnesty International, il s’agit du premier
militaire de carrière grec à refuser de participer à la guerre récente en
Irak pour des raisons de conscience et à avoir annoncé vouloir quitter la
marine pour cette raison.

Dans son refus public de mai 2003, Giorgos Monastiriotis avait affirmé que
sa participation à cette mission consistait à participer au meurtre du
peuple irakien. « Je refuse, pour des raisons de conscience, de participer
ou de contribuer, par quelque moyen que ce soit, à l’impitoyable massacre du
peuple irakien, dans une guerre sans fin, puisque même maintenant, alors que
la guerre est officiellement terminée, des gens, y compris des enfants, sont
encore tués », avait-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Mon refus représente
un acte minimal de solidarité envers le peuple irakien, et envers les
sentiments pacifiques du peuple grec. »

Amnesty International considère comme objecteur de conscience toute personne
qui, pour des raisons de conscience ou de conviction profonde, refuse
d’accomplir un service dans les forces armées ou de participer de toute
autre manière directe ou indirecte aux guerres ou aux conflits armés. Ceci
peut concerner des conscrits ou des militaires de carrière qui deviennent
objecteurs de conscience après leur engagement dans les forces armées.
Lorsqu’une telle personne est détenue ou incarcérée uniquement parce qu’il
lui est refusé le droit de faire valoir son objection et d’accomplir un vrai
service civil de remplacement, Amnesty International considère cette
personne comme un prisonnier d’opinion et demande sa libération immédiate et
inconditionnelle.

En Grèce, le droit à l’objection de conscience n’est pas reconnu pour les
engagés volontaires ou les soldats de métier, une fois qu’ils ont intégré
les forces armées.

Sept ans après le vote de la loi 2510/97, qui offrait pour la première fois
la possibilité d’un service civil de remplacement, et malgré une série de
déclarations des autorités promettant son amélioration, Amnesty
International estime que ce service civil de remplacement, en droit comme en
pratique, reste d’une nature punitive et discriminatoire envers les
objecteurs de conscience. L’organisation demande une réforme de ce service
dans le respect des normes internationales, pour mettre fin à la persécution
des objecteurs de conscience.

Complément d’information

Les préoccupations d’Amnesty International sont exprimées en détail dans un
rapport intitulé Greece : To be in the army or choosing not to be : the
continuous harassment of conscientious objectors
<http://web.amnesty.org/library/inde...> (index AI : EUR
25/003/2003), consultable sur le site de l’organisation.

En résumé, Amnesty International demande aux autorités grecques de modifier
la loi 2510/97 pour que :

 le service civil de remplacement ne soit pas discriminatoire ni d’une
durée punitive ;

 ce service dépende entièrement des autorités civiles (notamment l’examen
des demandes des objecteurs de conscience) ;

 les objecteurs de conscience aient le droit de demander ce statut à tout
moment, avant et après leur intégration dans les forces armées ;

 le droit d’accomplir un service civil de remplacement ne souffre aucune
dérogation, y compris en temps de guerre ;

 les objecteurs de conscience qui mènent des activités syndicales ou qui
participent à une grève au cours de leur service de remplacement ne
subissent pas une révocation de leur droit à un service civil de
remplacement ou à un service militaire sans armes.

Le médiateur grec et la Commission grecque des droits de l’homme ont exprimé
des préoccupations similaires.

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