Guatemala. Il faut enquêter sur les allégations d’homicides imputables à la police

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-
Embargo : 15 décembre 2009, 00h01 TU

Amnesty International condamne le manque de détermination des autorités du Guatemala à mener des enquêtes approfondies sur les homicides extrajudiciaires dans lesquels sont impliqués des policiers.

Dans son rapport publié ce mardi 15 décembre 2009, elle affirme que des homicides imputables aux policiers continuent d’être signalés et touchent souvent des jeunes qui ont un casier judiciaire ou sont soupçonnés d’avoir participé à un crime.

«  Malgré plusieurs rapports et enquêtes d’organisations de défense des droits humains locales et internationales, le problème de l’implication de la police dans des homicides extrajudiciaires perdure, a indiqué Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« Les autorités guatémaltèques doivent prendre ces allégations au sérieux et diligenter des enquêtes efficaces et exhaustives. »

Les médias et les autorités qualifient souvent ces homicides extrajudiciaires de « nettoyage social » : les responsables de ces agissements décident de faire eux-mêmes la loi pour « débarrasser » la société de personnes soupçonnées de prendre part à des activités criminelles.

Cependant, les représentants de l’État guatémaltèque ne marquent aucun empressement à enquêter sur ces homicides. Amnesty International demande aux autorités de s’acquitter des obligations qui sont les leurs aux termes du droit international en matière de droits humains de protéger le droit à la vie et de traduire en justice les personnes soupçonnées d’avoir violé ce droit.

Le Guatemala connaît un très fort taux de criminalité violente, mais un taux de condamnation très faible. On estime que 98 % des homicides demeurent impunis au Guatemala.

Amnesty International reçoit fréquemment des informations concernant des personnes qui sont entrées en contact avec la police et n’ont plus jamais réapparu. Les corps des victimes, parfois âgées de seulement treize ans, ont pour la plupart été découverts dans des terrains vagues ou des décharges. Les mains liées derrière le dos, elles avaient été étranglées ou abattues à bout portant de plusieurs balles.

Dans ces affaires, il faut souvent plusieurs mois pour qu’une enquête soit ouverte, au détriment de la plupart des éléments de preuve qui auraient pu permettre d’identifier les responsables.

À la connaissance d’Amnesty International, l’État n’a pas encore pris de véritable initiative pour que les auteurs de ces graves atteintes aux droits humains aient à rendre des comptes.

L’organisation engage le président du Guatemala à garantir la fin des homicides extrajudiciaires et à traduire en justice les auteurs présumés de ces agissements.

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