Homicide du Genéral Mahao : un an après, les coupables restent impunis

Les autorités doivent veiller à ce que l’homicide du général de corps d’armée Maaparankoe Mahao par des membres des Forces de défense du Lesotho (LDF) fasse l’objet d’une enquête approfondie et efficace, sans délai injustifié, a déclaré Amnesty International samedi 25 juin, à l’occasion du premier anniversaire de cet homicide illégal.

Elle estime que les responsables présumés doivent être suspendus durant l’enquête et les poursuites qui en résulteront.

Le Premier ministre Pakalitha Mosisili a annoncé le 20 juin au Parlement qu’une information judiciaire avait été ouverte sur l’homicide de Maaparankoe Mahao.

Cette annonce fait suite au rapport de la Commission chargée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) d’enquêter sur les circonstances entourant la mort du général Maaparankoe Mahao, qui a fait une recommandation en ce sens il y a plusieurs mois. Dans son rapport, la commission a également recommandé que le commandant actuel des LDF, le général de corps d’armée Tlali Kamoli, soit relevé de ses fonctions.

« Les hauts responsables des LDF savent qui sont les soldats qui ont tiré sur Maaparankoe Mahao. Il faut mener une enquête approfondie, efficace et impartiale, qui permette d’identifier les responsables de son homicide. Ils doivent être poursuivis dans le cadre de procès équitables sans recourir à la peine de mort, a déclaré Deprose Muchena, directeur du Bureau régional pour l’Afrique australe d’Amnesty International.

« Un an après l’homicide de Maaparankoe Mahao, les auteurs restent impunis. Cette inaction vis-à-vis des responsables ne fera qu’accentuer la culture de l’impunité pour les violations des droits humains commises dans le pays. »

La Commission d’enquête de la SADC a fait quatre recommandations principales, notamment :

• Le gouvernement du Lesotho doit veiller à ce que l’information judiciaire ouverte sur la mort du général Mahao soit menée avec détermination et dans les meilleurs délais.

• Le général Tlali Kamoli doit être relevé de ses fonctions en qualité de commandant des LDF et tous les membres des LDF impliqués dans des affaires de meurtre, de tentative de meurtre et de trahison doivent être suspendus pendant toute la durée des investigations, qui doivent respecter les meilleures pratiques internationales.

« Un an plus tard, la famille du général Maaparankoe Mahao attend toujours des réponses pour l’assassinat de leur père, époux et frère. Ils ignorent pourquoi on lui a ôté la vie, a déclaré Deprose Muchena.

«  Le Premier ministre Mosisili doit veiller à ce que justice soit rendue. »

Complément d’information

Le général de corps d’armée Maaparankoe Mahao a été tué le 25 juin 2015 par des membres des LDF, qui ont affirmé qu’il avait opposé une résistance au moment de son arrestation à Maseru.

Toutefois, la commission de la SADC chargée d’enquêter sur son homicide, dont le rapport a été examiné au Parlement le 8 février, a estimé qu’il n’avait pas résisté lors de son arrestation et que sa mort résultait d’un usage excessif de la force.

Il a été accusé d’avoir pris la tête d’une mutinerie impliquant plusieurs soldats.

Dans son rapport, la SADC a également réfuté les allégations de mutinerie, concluant que « la participation du général Mahao dans le complot de mutinerie n’est pas confirmée, aucun élément ne venant étayer cette hypothèse. »

Des dizaines de soldats ont été arrêtés en lien avec la mutinerie présumée et 16 d’entre eux sont toujours détenus à la prison de haute sécurité de Maseru.

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