Hongrie. Des informations font état d’un recours excessif à la force de la part de la police

Déclaration publique

EUR 27/001/2006

Amnesty International est préoccupée par les informations selon lesquelles des policiers pourraient avoir fait usage d’une force excessive lors des manifestations, qui sont devenues violentes, dans la capitale Budapest cette semaine. L’organisation a exhorté ce jeudi 21 septembre les autorités hongroises à veiller à ce que les principes de nécessité et de proportionnalité de la force soient respectés en tout temps par les responsables de l’application des lois.

Les manifestations ont débuté le 17 septembre 2006, et ont continué les quatre soirs suivants, en réaction aux révélations selon lesquelles le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany avait admis, lors d’un discours à des députés de son parti en mai 2006, avoir menti aux électeurs hongrois. Pendant la manifestation du 18 septembre au soir, des manifestants auraient attaqué à coups de pierre le siège de la télévision hongroise et des policiers ; ils auraient également mis le feu à plusieurs véhicules. Des affrontements violents entre des policiers et des groupes de manifestants ont éclaté de nouveau les 19 et le 20 septembre. Selon certaines indications, environ 200 personnes auraient été blessées lors de ces affrontements, dont plus d’une centaine de policiers. Plusieurs informations ont fait état d’un recours excessif à la force et de mauvais traitements de la part de la police pendant les manifestations ; un journaliste aurait été frappé à coups de matraque sur le tête par des policiers, dans la soirée du 19 septembre, alors qu’il leur montrait sa carte de presse.

Amnesty International reconnaît les difficultés auxquelles sont confrontés les membres des forces de l’ordre lorsqu’ils doivent contenir des manifestations violentes, et elle prend acte de ce que les autorités hongroises ont à la fois la responsabilité et l’obligation aux termes du droit international de veiller à la sécurité des personnes et des biens. Cependant, les autorités doivent également, aux termes du droit international, veiller à ce que le maintien de l’ordre lors des manifestations soit assuré conformément aux normes internationales et en particulier à celles qui concernent l’usage de la force. Amnesty International a demandé expressément ce jeudi 21 septembre au gouvernement hongrois de faire en sorte que les policiers agissent dans le respect des normes internationales et en particulier de l’article 3 du Code de conduite pour les responsables de l’application des lois, qui dispose que : « les responsables de l’application des lois peuvent recourir à la force seulement lorsque cela est strictement nécessaire et dans la mesure exigée par l’accomplissement de leurs fonctions ».

Complément d’information
Un discours tenu par le Premier ministre hongrois le 26 mai 2006 à des députés de son parti a été enregistré et mis à la disposition de la presse le 17 septembre 2006. Dans ce discours, le Premier ministre admet avoir menti aux électeurs hongrois sur la situation financière du pays dans le but de remporter les élections générales. Il déclarerait notamment : « Je n’en pouvais plus d’avoir à prétendre pendant un an et demi que nous gouvernions le pays. Au lieu de cela, nous mentions du matin au soir. C’est terminé maintenant ».

Ces révélations ont donné lieu à des manifestations antigouvernementales quatre soirs de suite à Budapest. Des violences ont éclaté le troisième soir, le 19 septembre, quand un groupe d’environ 1 000 manifestants se serait détaché de la manifestation pacifique, rassemblant environ 10 000 personnes, et aurait affronté violemment des policiers qui ont riposté avec du gaz lacrymogène et des canons à eau. Le 20 septembre, plus de 10 000 manifestants se seraient réunis devant le Parlement, et le 21 septembre à l’aube la police aurait utilisé du gaz lacrymogène contre un groupe de 200 à 300 personnes. D’autres manifestations, non violentes, ont été signalées dans d’autres villes du pays.

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