Communiqué de presse

Inde. Le Manipur doit enquêter de manière impartiale sur les violations liées aux manifestations

Le gouvernement du Manipur doit diligenter sans attendre des enquêtes approfondies et indépendantes sur l’ensemble des allégations faisant état de violations des droits humains en relation avec des manifestations ayant eu lieu dans cet État ces derniers mois, et notamment sur le recours excessif à la force imputé à la police, a déclaré Amnesty International.

« Les autorités du Manipur doivent faire la preuve de leur engagement en faveur des droits humains et de l’état de droit. Elles doivent veiller à respecter le droit à la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement tout en maintenant l’ordre et la sécurité », a déclaré Aakar Patel, directeur exécutif d’Amnesty International Inde.

« Les actes de violence et de vandalisme attribués à des manifestants doivent également faire l’objet d’enquêtes dignes de ce nom, et les responsables présumés d’atteintes aux droits humains doivent être déférés à la justice. »

Depuis juillet 2015, des groupes de la société civile et des civils de la vallée d’Imphal manifestent en faveur de la mise en œuvre d’un système régulant l’entrée des non résidents dans cette région. Le 8 juillet, un lycéen de 16 ans a été tué lors d’une manifestation à Imphal, après avoir été heurté par une cartouche de gaz lacrymogène tirée par la police.

Le 31 août, l’Assemblée de l’État a adopté trois textes - la proposition de loi sur la protection de la population du Manipur, la proposition de modification de la loi sur les commerces et les établissements du Manipur (2e modification), et la proposition de modification de la loi sur les revenus fonciers et la réforme agraire (7e modification). Ces textes ont été critiqués par certains groupes de personnes indigènes, qui les ont qualifiés d’« anti-tribaux ».

Dans le district de Churachandpur, des manifestants ont mis feu au domicile de six législateurs de l’État en signe de protestation. Ils ont également incendié et vandalisé les logements de membres du conseil de district et d’autres bâtiments officiels. Au moins huit personnes sont mortes lors d’affrontements entre manifestants et policiers ; six d’entre elles - dont un garçon de 10 ans - ont été tuées lorsque la police a ouvert le feu.

Des manifestants et des groupes de la société civile à Churchandpur ont affirmé que la police a utilisé des balles réelles sans adresser d’avertissement à la foule, et sans même essayer de disperser d’abord les manifestations de manière non violente ou moins destructrice.

« La police ne peut réagir à des manifestations violentes en recourant à une force excessive. La police doit faire la distinction entre des personnes employant la violence et des manifestants pacifiques ou des passants. Les armes à feu ne doivent constituer qu’un dernier recours lorsque des moyens moins extrêmes ont échoué, et l’usage volontairement meurtrier de celles-ci n’est admissible que lorsqu’il est absolument inévitable pour protéger des vies », a déclaré Aakar Patel.

« Le gouvernement doit par ailleurs collaborer plus activement avec des groupes de la société civile afin de créer un espace de dialogue. »

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