INDONÉSIE L’exécution d’un ressortissant indien est un pas en arrière pour les droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’exécution d’Ayodhya Prasad Chaubey marque un recul des droits humains en
Indonésie. Ce ressortissant indien de soixante-cinq ans avait été condamné à
mort pour trafic de drogue en 1994. Son exécution ce jeudi 5 août 2004 est
la première depuis plus de trois ans dans le pays.

« Son exécution est une violation du droit à la vie et un sérieux coup porté
au respect des droits humains en Indonésie, a déclaré Catherine Baber,
directrice adjointe pour l’Asie Pacifique à Amnesty International. En
appliquant la peine capitale, l’Indonésie va radicalement à l’encontre de la
tendance mondiale en faveur de l’abolition de ce châtiment par nature cruel,
inhumain et dégradant. »

Amnesty International craint que les normes internationales d’équité des
procès n’aient pas été respectées dans le cas d’Ayodhya Prasad Chaubey.
Celui-ci n’aurait pas pu consulter d’avocat et n’aurait pas eu d’interprète
lors de l’enquête de police initiale ; il n’aurait donc pas eu la
possibilité de préparer sa défense ni de comprendre tout à fait les charges
pesant contre lui.

La possibilité d’une erreur existe quel que soit le système judicaire, ce
qui veut dire que chaque exécution représente le risque de tuer un innocent.

« Nous sommes particulièrement inquiets car le risque existe que la peine de
mort soit appliquée par erreur - surtout dans un système judiciaire en mal
de réformes, a déclaré Catherine Baber. Ce risque est apparu clairement lors
des allégations d’insuffisances qui auraient été relevées au cours du procès
d’Ayodhya Prasad Chaubey et à travers les inquiétudes, exprimées par le
rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et avocats à l’issue de sa
visite en Indonésie en 2002 , concernant une possible corruption au sein du
système judiciaire. »

Deux ressortissants thaïlandais reconnus coupables du même délit risquent
également la peine de mort, leur demande de grâce présidentielle ayant été
rejetée en juillet 2004. Saelow Prasert, un homme âgé de soixante-deux ans
et Namsong Sirilak, une femme de trente-deux ans, font partie des onze
trafiquants de drogue dont les recours ont été rejetés en juin et juillet.

Amnesty International reconnaît qu’il est nécessaire que les gouvernements
s’attaquent au problème du commerce et de l’usage des drogues illicites ;
toutefois, l’organisation est convaincue que le peine de mort n’est pas la
solution. Il n’a jamais été prouvé que la peine de mort soit un moyen de
dissuasion plus efficace que tout autre forme de châtiment.

L’organisation demande aux autorités indonésiennes de décréter un moratoire
sur les exécutions, en vue d’abolir la peine de mort.

Complément d’information

Au moins soixante-sept personnes condamnées à mort seraient en attente de
leur exécution en Indonésie. En dépit des déclarations en faveur de la peine
de mort par le gouvernement, particulièrement pour les affaires de trafic de
drogue, les exécutions sont rares. La dernière exécution dont on a eu
connaissance a eu lieu en mai 2001, lorsque deux hommes ont été exécutés
pour meurtre. Avant eux, il n’y avait eu aucune exécution pendant six ans.

Au cours de ces dernières années, un nombre croissant de condamnations à
mort ont été prononcées à l’encontre de trafiquants de drogue. Des huit
condamnations à mort prononcées par les tribunaux en première instance cette
année, sept l’ont été pour des affaires de drogue et concernaient des
ressortissants étrangers. En juin et juillet 2004, la présidente Megawati
Sukarnoputri a rejeté la demande de grâce de onze personnes reconnues
coupables de délits liés à la drogue.

Index AI : ASA 21/027/2004
ÉFAI

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