Indonésie. Les autorités doivent ouvrir une enquête sur la mort d’un militant politique moluquois

Déclaration publique

Index AI : ASA 21/023/2010 -
ÉFAI

13 septembre 2010

Le gouvernement indonésien doit immédiatement ouvrir une enquête indépendante, effective et impartiale sur les allégations selon lesquelles la possibilité de recevoir des soins médicaux appropriés a été constamment refusée à Yusuf Sapakoly dans sa prison de Nania, à Ambon, ce qui a pu contribuer à sa mort, survenue ce lundi 13 septembre 2010.

En outre, sa famille a le droit d’insister pour qu’un membre de la profession médicale ou tout autre représentant qualifié assiste à l’autopsie et que les conclusions de celle-ci soient rendues publiques.

Selon des sources locales, Yusuf Sapakoly, 52 ans, père de quatre enfants, s’est vu refuser par les autorités pénitentiaires de Nania les soins nécessaires pour pallier à une défaillance rénale devant être traitée par dialyse. Yusuf Sapakoly s’était également plaint de ne pas avoir été soigné correctement pour des blessures aux côtes subies lors de sa détention. Le 7 septembre 2010, les autorités pénitentiaires l’avaient remis à sa famille pour qu’elle s’occupe de lui.

Amnesty International considère qu’un tel refus de soins médicaux urgents s’apparente à un traitement cruel, inhumain et dégradant. Le traitement infligé à Yusuf Sapakoly bafoue les obligations de l’Indonésie au regard du droit international relatif aux droits humains et du droit indonésien.

Yusuf Sapakoly avait été arrêté le 29 juin 2007 pour avoir aidé un groupe de militants politiques pacifistes de la province des Moluques à déployer le drapeau « Benang Raja », symbole de l’indépendance des Moluques du Sud, lors d’une danse traditionnelle « Cakalele » exécutée devant le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono. Il aurait été torturé en détention par des policiers. Il avait été inculpé de « rébellion » au titre des articles 106 et 110 du Code pénal indonésien et condamné à 12 années d’emprisonnement.

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