Communiqué de presse

Indonésie. Premières exécutions depuis l’arrivée du nouveau président : une régression pour les droits fondamentaux

L’exécution de six trafiquants de drogue en Indonésie samedi 17 janvier, les premières depuis l’entrée en fonction du président Joko Widodo, est une mesure rétrograde pour les droits humains dans le pays, a déclaré Amnesty International.

Parmi les condamnés passés par les armes figuraient une Indonésienne et cinq étrangers. Tous ont été déclarés coupables d’infractions liées au trafic de stupéfiants.

« C’est une mesure très régressive et un bien triste jour. Le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir en promettant de faire des droits humains une priorité, et l’exécution de ces six personnes est en totale contradiction avec cet engagement », a déclaré Rupert Abbott, directeur des recherches sur l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

Si l’Indonésie n’a procédé à aucune exécution en 2014, le nouveau gouvernement a depuis son entrée en fonction en novembre dernier annoncé en avoir programmé 20 en 2015.

En décembre 2014, il a été signalé que le président Joko Widodo n’accorderait pas de grâce à au moins 64 personnes condamnées à mort pour des infractions liées au trafic de stupéfiants et que les autorités prévoyaient de les exécuter.

« Le gouvernement indonésien doit immédiatement mettre un terme aux préparatifs visant à exécuter d’autres condamnés. C’est un pays qui, il y a quelques années seulement, avait pris des mesures positives pour rompre avec la peine de mort, mais les autorités prennent aujourd’hui la direction opposée », a déclaré Rupert Abbott.

« En recourant à la peine de mort en Indonésie, elles tournent en dérision leurs initiatives visant à empêcher qu’elle ne soit appliquée à des Indonésiens à l’étranger. L’Indonésie doit imposer un moratoire sur le recours à ce châtiment en vue de son abolition. »

Complément d’information
Les six personnes exécutées aujourd’hui sont une Indonésienne, Rani Andriani, aussi connue sous le nom de Melisa Aprilia, et cinq étrangers : Daniel Enemuo (Nigérian), Ang Kim Soei (Néerlandais), Tran Thi Bich Hanh (Vietnamien), Namaona Denis (Nigérian) et Marco Archer Cardoso Moreira (Brésilien).

Cinq d’entre eux ont été exécutés sur l’île de Nusakambangan, dans la province de Java-Centre, tandis que Tran Thi Bich Hanh a été mis à mort dans le district de Boloyali, également dans la province de Java-Central.

Différents groupes en Indonésie se sont prononcés publiquement contre la peine de mort au cours de la semaine dernière, notamment la Commission nationale des droits humains Komnas HAM, la Commission nationale sur la violence contre les femmes, des organisations religieuses, des parlementaires et des organisations de la société civile.

Amnesty International s’oppose sans réserve à la peine de mort en toutes circonstances, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée par l’État pour l’exécuter. Violation du droit à la vie inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), la peine de mort est la peine la plus cruelle, inhumaine et dégradante qui soit. La protection du droit à la vie est aussi reconnue dans la Constitution indonésienne. Aujourd’hui, 140 pays ont aboli la peine capitale en droit ou en pratique.

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