Irak : L’armée australienne reconnaît la mort de civils à Mossoul 

La Force de défense australienne (ADF) a reconnu que ses frappes aériennes à Mossoul, en Irak, ont pu tuer jusqu’à 18 civils en 2017.

« La Force de défense australienne a reconnu récemment que ses frappes aériennes ont tué des civils durant la bataille de Mossoul en 2017 : c’est un pas dans la bonne direction. Une fois encore, le gouvernement australien se montre plus disposé à assumer la responsabilité des pertes en vies civiles que ses partenaires de la coalition, notamment le Royaume-Uni, les États-Unis et la France, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International.

« Cependant, on ne peut en rester là. La Force de défense australienne devrait continuer de montrer la voie à suivre en fournissant les informations nécessaires à une évaluation indépendante afin d’établir si cette attaque et ses opérations à Mossoul ont été réalisées dans le respect du droit international humanitaire. Nous savons qu’un avion australien a frappé une cible dans l’ouest de Mossoul, tuant accidentellement jusqu’à 18 civils se trouvant dans une maison voisine. Afin de comprendre comment cela a pu se produire, la Force de défense australienne doit divulguer d’autres informations, notamment le type d’arme utilisée lors de la frappe, la nature de la cible, les mesures prises afin de s’assurer que la cible était un objectif militaire, les autres moyens ou méthodes d’attaque éventuellement envisagés dans le but de réduire les risques pour les civils et les démarches entreprises pour recueillir des renseignements sur la présence de civils à proximité.

« La Force de défense australienne a pris la bonne décision en reconnaissant que ses attaques ont fait des victimes parmi les civils. Elle doit désormais offrir aux familles des victimes les meilleures chances d’obtenir justice et d’amener les responsables à rendre des comptes. À cette fin, elle doit révéler toutes les informations pertinentes. »

Complément d’information

La bataille qu’a menée la coalition pour reprendre Mossoul au groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI) a démarré en octobre 2016 et s’est terminée en juillet 2017. Tout au long de cette offensive, et particulièrement dans la dernière phase dans l’ouest de Mossoul, la coalition s’est largement appuyée sur les frappes aériennes, malgré la présence de civils pris au piège dans la ville par l’EI. Amnesty International a dénoncé les conséquences de cette stratégie pour la population civile dans son rapport publié en juillet 2017 sous le titre La bataille pour l’ouest de Mossoul : une catastrophe pour les civils.

Le 31 janvier 2019, Mel Hupfeld, maréchal de l’air de la Force de défense australienne, a reconnu que l’attaque menée le 13 juin 2017 contre une cible située dans l’ouest de Mossoul par deux avions de chasse australiens Super Hornet F-18 a fait jusqu’à 18 morts parmi les civils. Déjà, le 28 mars 2018, la Force de défense australienne avait admis avoir tué deux adultes et blessé deux enfants lors d’un raid sur Mossoul que les investigations menées sur le terrain par Amnesty International avaient mis en lumière.

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