IRAK : Une menace justifiable ?

Index AI : MDE 14/002/2003

Que représente actuellement la menace irakienne par rapport à la menace que fait peser une intervention militaire américaine sur les droits humains et les vies d’innocents au Moyen Orient ? Telle est la question que la secrétaire générale d’Amnesty International a posée ce dimanche 26 janvier 2003 à Colin Powell.

En réponse au discours prononcé par le secrétaire d’État des États-Unis devant le Forum économique mondial, Irene Khan a exprimé les inquiétudes ressenties par de nombreuses organisations émanant de la société civile : après une décennie de sanctions et de graves violations des droits humains commises par le régime irakien, la situation humanitaire en Irak est extrêmement fragile.

" Une intervention militaire pourrait conduire rapidement le pays à la catastrophe. Comme en 1991, il pourrait y avoir de nouveau un million de réfugiés, ce qui entraînerait un désastre humanitaire si l’Iran et la Turquie gardent leurs frontières fermées, comme ils ont affirmé qu’ils le feraient ", a ajouté Irene Khan.

Elle a de plus exprimé la crainte d’éventuelles représailles à l’intérieur de l’Irak.

" Sachant comment Saddam Hussein traite son propre peuple lorsqu’il est acculé, il est très possible qu’un bain de sang ait lieu dans le pays, a déclaré Irene Khan.

" Ce n’est pas une simple conjecture ; cela c’est déjà produit, et pourrait se reproduire. "

Les conséquences d’une intervention militaire en Irak ne se limiteraient pas à ce seul pays. Irene Khan a mis en garde contre " des répercussions en d’autres endroits - une escalade du conflit au Moyen Orient, ou des manifestations et des violences dans d’autres pays musulmans - qui mettraient de nombreuses vies en péril ".

Amnesty International estime qu’il est inadmissible de sacrifier les droits humains à des intérêts géopolitiques.

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