Israël doit traiter avec humanité des détenus palestiniens observant une grève de la faim

Les autorités israéliennes doivent enquêter sur les allégations selon lesquelles deux détenus palestiniens observant une grève de la faim pour protester contre leur maintien en détention administrative auraient été maltraités en détention, a déclaré Amnesty International jeudi 9 août 2012.

Hassan Safadi et Samer al Barq observent une grève de la faim depuis le 21 juin et le 22 mai, respectivement. Selon des examens médicaux menés par des médecins indépendants la semaine dernière, les deux hommes seraient affaiblis et ils risquent de mourir s’ils poursuivent leur grève.

Alors que les deux hommes tiennent à peine debout et utilisent des fauteuils roulants pour se déplacer, des gardes les ont roués de coups et injuriés à plusieurs reprises lorsqu’ils étaient détenus au centre médical des services pénitentiaires israéliens à Ramleh, une ville située dans le centre du pays.

La santé d’Hassan Safadi s’est dégradée le 6 août et il a été transféré à l’hôpital Assaf Harofeh, où il est menotté à son lit, ce qui constitue un traitement dégradant prohibé par le droit international relatif aux droits humains.

« Les autorités israéliennes doivent libérer Hassan Safadi, Samer al Barq et toutes les autres personnes maintenues en détention administrative, à moins de les inculper rapidement d’une infraction reconnue par le droit international et de les juger dans le respect des normes internationales d’équité des procès », a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les autorités doivent également enquêter sur les allégations selon lesquelles Hassan Safadi et Samer al Barq auraient été maltraités en détention et veiller à ce que ces deux hommes soient traités humainement et à ce qu’ils ne soient en aucune manière punis pour leur grève de la faim. »

Des personnes peuvent être maintenues en détention administrative sans inculpation ni jugement pendant des périodes pouvant aller jusqu’à six mois renouvelables indéfiniment. Israël utilise cette mesure contre ses citoyens depuis 1948, et depuis 1967 contre des milliers de Palestiniens des territoires occupés.

Hassan Safadi a été placé en détention le 29 juin 2011. En mai 2012, il a mis un terme à une grève de la faim qu’il observait depuis 70 jours. L’ordre de détention administrative le concernant, qui expirait en juin, ayant été renouvelé pour six mois supplémentaires, il a repris sa grève le 21 juin.

Samer al Barq est maintenu en détention administrative depuis 2010. Il a interrompu la grève de la faim qu’il observait depuis 50 jours à la mi-mai 2012 mais l’a recommencée quelques jours plus tard, lorsque l’ordre de détention le concernant a été renouvelé pour trois mois.

Comme de nombreux autres prisonniers palestiniens, les personnes maintenues en détention administrative subissent des violations de leurs droits fondamentaux - torture et autres mauvais traitements pendant les interrogatoires et traitements cruels et dégradants en détention ou infligés à titre de punition après une grève de la faim ou une action de protestation, entre autres.

À cela s’ajoutent pour ces détenus et leur famille l’incertitude – ils ne savent pas combien de temps va durer la privation de liberté – et l’injustice – ils ignorent la raison exacte de la détention.

Comme les autres prisonniers palestiniens détenus en Israël, ces personnes sont aussi exposées à des interdictions de visite, des exils ou des transferts forcés, et des mesures de placement à l’isolement.

Ces pratiques vont à l’encontre des obligations internationales d’Israël en matière de droits humains.

À la suite d’un accord conclu le 14 mai 2012 avec les autorités israéliennes sous médiation égyptienne, environ 2 000 prisonniers et détenus palestiniens ont cessé leur grève de la faim collective, entamée pour protester contre les mauvaises conditions carcérales, y compris les placements à l’isolement, le fait de ne pas pouvoir voir leurs familles et les détentions sans inculpation.

Les médias laissent penser qu’Israël ne reconduira pas les ordres de détention administrative en vigueur, à moins que de nouveaux renseignements d’importance soient révélés ; pourtant, les autorités israéliennes continuent d’émettre et de renouveler de tels ordres.

À la fin du mois de juin 2012, au moins 285 Palestiniens étaient maintenus en détention administrative, parmi lesquels plusieurs membres du Conseil législatif palestinien. Des défenseurs des droits humains, comme Walid Hanatsheh, quatre journalistes au moins, ainsi que des étudiants et des professeurs d’université figuraient également parmi les personnes détenues sans avoir été jugées ni même inculpées.

Dans son rapport En mal de justice. Des Palestiniens détenus sans jugement par Israël, paru en juin 2012, Amnesty International recensait des violations des droits humains associées à la détention administrative en Israël.

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