Israël et territoires occupés. Inquiétude grandissante pour la sécurité de la population civile

Déclaration publique

MDE15/060/2006

Amnesty International s’inquiète de constater que les Palestiniens ordinaires, qui n’ont aucune part dans l’escalade actuelle de la tension entre forces israéliennes et groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza et ailleurs dans les territoires occupés sont les principales victimes de la confrontation. Les forces israéliennes ont de plus en plus recours à la force disproportionnée et dirigent leurs attaques contre des cibles civiles, ce qui a un impact sérieux sur la population palestinienne des territoires occupés, particulièrement dans la bande de Gaza.

Par ailleurs, Eliyahu Asheri, un colon israélien de dix-huit ans enlevé par des groupes palestiniens armés le 25 juin 2006, a été retrouvé mort (http://web.amnesty.org/library/index/ENGMDE150572006). Amnesty International condamne son assassinat. L’organisation renouvelle également son appel aux groupes palestiniens armés qui ont déclaré détenir en otage un soldat israélien, le caporal Guilad Shalit, pour qu’ils le libèrent rapidement sain et sauf. Tuer des prisonniers, prendre et détenir des otages est prohibé en droit international, de même que blesser ou maltraiter ou menacer de blesser ou maltraiter des otages (voir http://web.amnesty.org/library/index/FRAMDE150582006).

Après le largage, par l’armée israélienne, de tracts dans le nord de la bande de Gaza avertissant les habitants de raids militaires imminents dans la zone, des dizaines de milliers de Palestiniens ne se sentent plus en sécurité chez eux. Les autorités israéliennes affirment que leurs attaques visent les groupes palestiniens armés qui lancent, depuis cette région, des roquettes Qassam sur les localités israéliennes proches. Au cours de ces trois derniers mois, les forces israéliennes ont répliqué aux tirs de quelque 300 roquettes palestiniennes par plus de 8 000 tirs d’artillerie et de très nombreux raids aériens dans la zone, tuant plusieurs habitants palestiniens et en blessant de nombreux autres, dont des enfants.

L’avertissement, donné le 28 juin par l’armée israélienne au moyen de tracts largués par avion incitant les habitants à évacuer le nord de la bande de Gaza, a accru les craintes de la population, depuis longtemps vulnérable aux attaques des forces israéliennes, mais qui ne sait où aller.

Les habitants des autres régions de la bande de Gaza sont également de plus en plus vulnérables aux raids aériens israéliens répétés. De très nombreux Palestiniens, dont beaucoup d’enfants, ont été tués ou blessés ces dernières semaines par des missiles lancés par des hélicoptères de combat israéliens sur des zones résidentielles densément peuplées, lors de tentatives d’assassinat de membres de groupes palestiniens armés.

Dans le même temps, les attaques délibérées et la destruction par les forces israéliennes d’objectifs civils tels que des ponts, des centrales électriques, le réseau d’électricité et d’autres infrastructures continuent de faire se dégrader la qualité de vie et de restreindre la liberté de mouvement de centaines de milliers d’habitants de la bande de Gaza, aggravant une situation humanitaire déjà alarmante après l’imposition récente de sanctions internationales contre l’Autorité palestinienne dirigée par le Hamas.

Amnesty International renouvelle son appel aux autorités et aux forces armées israéliennes pour qu’elles cessent immédiatement de prendre pour cibles des biens civils et des infrastructures et pour qu’elles mettent fin aux pilonnages d ‘artillerie, raids aériens et autres mesures menaçant de façon disproportionnée la vie des civils palestiniens.

L’organisation demande également des éclaircissements sur les circonstances entourant l’arrestation ce 29 juin, par les forces israéliennes, de nombreux ministres de l’Autorité palestinienne, de députés membres du Hamas, de chefs de municipalités et d’autres responsables palestiniens élus. La crainte qui prédomine est que certaines, voire la totalité de ces arrestations n’aient été menées en représailles, pour faire pression sur les groupes palestiniens armés qui détiennent le soldat israélien en otage.

Amnesty International demande aussi aux autorités israéliennes de lui fournir les motifs de ces arrestations et de lui donner des garanties que les personnes détenues sont traitées humainement, ont la possibilité de consulter librement un avocat et de recevoir des soins médicaux si nécessaire.

Dans le passé, les forces israéliennes ont fréquemment eu recours à la prise d’otages utilisés comme monnaie d’échange avec des groupes palestiniens armés pour les obliger à libérer des otages ou à restituer les dépouilles mortelles de soldats israéliens tués. Les derniers otages connus détenus par Israël étaient deux ressortissants libanais, libérés en 2004, après dix ans de captivité.

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