Israël et territoires palestiniens occupés. Aucune justification pour diverses attaques

Alors qu’une escalade de la violence se poursuit depuis le 1er octobre 2015 dans les territoires palestiniens occupés et en Israël, Amnesty International condamne toutes les attaques délibérées contre des civils, y compris des civils israéliens dans les territoires occupés, et elle appelle toutes les parties à y mettre fin.

L’organisation dénonce également l’usage généralisé par les forces de sécurité israéliennes d’une force excessive contre les manifestants palestiniens dans toute la Cisjordanie occupée, ainsi que leur incapacité à protéger les Palestiniens d’une vague d’attaques menées par des colons. Elle demande aux autorités israéliennes de mettre un terme à l’usage excessif de la force et aux homicides illégaux de Palestiniens imputables aux forces de sécurité israéliennes ; de cesser les démolitions d’habitations à titre punitif ainsi que les autres formes de châtiments collectifs imposés aux Palestiniens, et de veiller à ce que les soldats israéliens, les policiers et les civils responsables d’attaques illégales contre des civils palestiniens dans les territoires occupés soient tenus de rendre compte de leurs actes.

Ces violations du droit international ne peuvent être justifiées au nom d’objectifs politiques ou de sécurité ni pour tout autre motif. La seule voie possible qui n’entraînera pas d’autres homicides illégaux est que toutes les parties respectent les droits humains et le droit international humanitaire, y compris dans toutes leurs actions en réponse à l’escalade actuelle de la violence. Dans le même temps, la communauté internationale doit se pencher sans délai sur la répression, la discrimination et la confiscation de terres inhérentes au projet israélien illégal de colonisation dans les territoires occupés, en commençant par insister pour qu’Israël mette fin à la construction de colonies et à leur expansion.

Quatre citoyens israéliens ont été tués depuis le 1er octobre dans deux attaques distinctes menées par des Palestiniens et d’autres ont été blessés dans ces attentats, entre autres ; les deux attaques ayant provoqué la mort d’Israéliens ont été revendiquées par des groupes armés palestiniens. Les forces de sécurité israéliennes ont tué cinq Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est ; au moins deux d’entre eux ont trouvé la mort dans des circonstances qui suscitent de vives inquiétudes quant à l’usage de la force meurtrière. Elles ont utilisé des balles réelles, des balles en caoutchouc et des armes à létalité réduite contre les Palestiniens dans toute la Cisjordanie, blessant plusieurs centaines de personnes. Cette intensification du recours à une force excessive par l’armée israélienne et les gardes-frontières allant de pair avec des arrestations massives, la fermeture de la vieille ville de Jérusalem et d’autres quartiers et villages palestiniens, les démolitions d’habitations à titre punitif, et l’incapacité des autorités israéliennes à empêcher une vague d’attaques de colons israéliens contre des Palestiniens, indique une augmentation des châtiments collectifs, entre autres violations des droits humains commises par les Israéliens, plutôt que des mesures proportionnées destinées à protéger les civils israéliens.

Cette déclaration qui ne prétend pas analyser toutes les violations commises depuis le 1er octobre rend compte des principales catégories d’atteintes aux droits humains commises en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, jusque dans la soirée du 8 octobre.

Les attaques palestiniennes contre des civils israéliens

Un certain nombre d’attaques qui ont pris pour cible, ou semblaient viser, des civils israéliens ont été perpétrées par des Palestiniens depuis le 1er octobre. Les attaques délibérées contre des civils ne peuvent en aucun cas être justifiées. Selon les informations actuellement disponibles, la plupart de ces attaques semblent avoir été menées à l’initiative d’individus plutôt que sur ordre de groupes armés palestiniens. Toutefois le fait que des groupes armés palestiniens ont salué les auteurs de ces attaques et, dans un cas au moins, revendiqué la responsabilité d’une attaque ayant coûté la vie à des civils est source de préoccupation.

Dans la soirée du 1er octobre 2015, des hommes armés palestiniens ont tué par balles deux civils israéliens – Eitam et Naama Henkin – qui circulaient en voiture sur une route entre les colonies israéliennes illégales d’Itamar et d’Elon Moreh, dans le district de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Les quatre fils du couple, âgés de quatre mois à neuf ans, qui étaient dans la voiture avec leurs parents n’ont pas été blessés, mais ils étaient en état de choc et ont dû recevoir des soins. Les Brigades Abdel Qader al Husseini, un petit groupe armé affilié au Fatah, ont revendiqué ces homicides dans une déclaration, tandis que le Hamas et d’autres factions palestiniennes ont exprimé leur soutien à cette attaque sans en revendiquer la responsabilité. Le 5 octobre les autorités israéliennes ont annoncé l’arrestation de plusieurs Palestiniens de Naplouse qui, selon elles, étaient responsables de cette attaque, en les présentant comme une « cellule du Hamas » et en précisant qu’ils faisaient l’objet d’une enquête de l’Agence israélienne de sécurité (AIS). Un membre présumé de la cellule a été arrêté le 4 octobre par des membres infiltrés des forces israéliennes qui ont pris d’assaut un hôpital de Naplouse. Les agents de l’AIS qui mènent les interrogatoires torturent et maltraitent les détenus palestiniens en toute impunité depuis des années.

Dans la soirée du 3 octobre, Mohannad Halabi, un Palestinien de 19 ans originaire de Surda, non loin de Ramallah, en Cisjordanie occupée, a poignardé à mort Aharon Bennett, un soldat israélien de 22 ans qui n’était pas en service, et grièvement blessé son épouse Adele. Le couple marchait dans la rue, dans la vieille ville de Jérusalem, avec ses deux jeunes enfants dont l’un a été légèrement blessé. Aharon Bennett était en civil au moment de l’attaque. Nahamia Lavi, un rabbin officier de réserve dans l’armée israélienne qui vivait dans un complexe de colons dans la vieille ville, a essayé d’intervenir ; il a également été poignardé et a succombé à ses blessures. La police israélienne a abattu Mohannad Halabi sur les lieux de l’attaque. Le Djihad islamique a salué l’attentat dans un communiqué sans en revendiquer la responsabilité. Le texte indiquait que Mohannad Halabi était un membre actif de la branche étudiante du Djihad islamique de son université, sans affirmer qu’il était actif au sein de la branche armée du mouvement.

Amnesty International a dénoncé à maintes reprises l’implantation de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés comme constituant des violations de la Quatrième Convention de Genève. Toutefois le statut illégal des colonies israéliennes n’affecte pas le statut civil de ceux qui y vivent, y travaillent ou y étudient ; ces personnes ne perdent leur statut protégé de civils que si elles prennent directement part aux hostilités et pendant la durée de leur participation. Les réservistes de l’armée qui ne sont pas en service actif sont des civils et ont le droit à une protection à ce titre.

Dans le même temps, les actions israéliennes pour arrêter et traduire en justice les responsables de ces attaques doivent être conformes au droit international ; rien ne justifie les arrestations arbitraires ni le recours à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements au moment de l’arrestation ou pendant la détention.

Des civils israéliens ont été blessés à la suite d’autres attaques menées par des Palestiniens en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Citons, entre autres, des jets de pierres et de cocktails Molotov contre des véhicules israéliens ainsi qu’une série d’attaques au couteau dont sept ont été signalées pour les seules journées des 7 et 8 octobre. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a indiqué qu’au moins sept Israéliens, dont un bébé, avaient été blessés par des objets jetés contre des véhicules jusqu’au 5 octobre.

Citons parmi les attaques au couteau le cas d’un civil israélien poignardé et légèrement blessé le 7 octobre dans la ville de Petah Tikva, dans le centre d’Israël, par un Palestinien de 25 ans originaire d’al Dhahiriyya, à proximité d’Hébron, dans les territoires occupés, et qui a été arrêté par la police israélienne. Au moins deux civils israéliens ont été grièvement blessés dans deux des attaques au couteau perpétrées le 8 octobre : un étudiant d’une yeshiva âgé de 25 ans poignardé dans la partie supérieure du corps à un arrêt de tramway à Jérusalem-Est par un Palestinien de 19 ans originaire du camp de réfugiés de Shuafat qui a été arrêté par la police israélienne ; et un Israélien qui réside dans la colonie illégale de Kiryat Arba, à côté d’Hébron.

Les homicides illégaux commis par les forces israéliennes et l’usage généralisé d’une force excessive contre les Palestiniens

Depuis le 1er octobre, l’armée et la police israéliennes ont répondu à des dizaines de manifestations spontanées de Palestiniens dans l’ensemble de la Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, en augmentant massivement leur recours à une force excessive qui atteignait déjà auparavant un niveau inacceptable. Même si des manifestants palestiniens ont jeté des pierres et des bombes incendiaires en direction des forces de sécurité israéliennes lors de nombreuses manifestations, et selon certaines sources ont, dans des cas isolés, tiré sur des soldats israéliens, l’armée et la police israéliennes sont très protégées et elles doivent veiller à ce que l’usage de la force soit strictement nécessaire et proportionné dans tous les cas et les armes à feu ne doivent être utilisées qu’en cas de menace imminente de mort ou de blessure grave. Les forces de sécurité israéliennes ont tué au moins deux Palestiniens, dont un enfant, dans des circonstances indiquant que ces homicides étaient illégaux et qu’il s’agissait peut-être d’exécutions extrajudiciaires ; elles ont eu massivement recours à une force excessive, notamment en tirant de manière intensive à balles réelles contre des personnes qui ne représentaient pas une menace imminente de mort ou de blessure grave.

Fadi Alloun, 19 ans, originaire d’Issawiyya, un quartier de Jérusalem-Est, a été abattu par la police israélienne le matin du 4 octobre non loin de la vieille ville de Jérusalem dans des circonstances laissant à penser qu’il a été victime d’une exécution extrajudiciaire. Selon la police israélienne, il avait tenté de poignarder un adolescent israélien âgé de 16 ans, le blessant légèrement, et il avait un couteau à la main quand il a été abattu. Toutefois une vidéo le montre pourchassé dans une rue de Jérusalem par un groupe de civils israéliens avant l’arrivée d’une patrouille de police, un policier tire ensuite sur la partie supérieure du corps de Fadi Alloun depuis une distance de quelques mètres sans essayer de l’arrêter.

Abd al Rahman Obeidallah, 13 ans, a été abattu le 5 octobre par un soldat israélien muni d’un fusil Ruger de calibre .22 dans le camp de réfugiés d’Aida, à Bethléhem. Il est mort à l’hôpital peu de temps après ; selon les médecins il a succombé à une blessure par balle au torse. Un garçon de 11 ans qui se tenait à côté de lui a été blessé par balle à la jambe au même moment. Des témoins ont affirmé aux chercheurs de Défense internationale des enfants (DEI)-Palestine que les deux garçons se trouvaient à 70 mètres environ des affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et des jeunes Palestiniens. Une enquête initiale de l’armée israélienne a révélé que l’homicide était « involontaire » et que la cible du tir était un adulte qui se tenait à côté d’Abd al Rahman Obeidallah. L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a fait observer que le fusil Ruger dispose d’une lunette de visée et que les faits se sont produits en plein jour et qu’au moins trois autres Palestiniens ont été tués et plusieurs dizaines d’autres blessés en Cisjordanie en 2015 par des membres des forces de sécurité israéliennes qui utilisaient des munitions de calibre .22. Elle a de nouveau appelé l’armée à ne plus utiliser ces munitions dans les opérations de contrôle des foules. L’homicide d’Abd al Rahman Obeidallah était illégal et il doit faire l’objet d’une enquête approfondie comme exécution extrajudiciaire probable.

Hudhayfa Suleiman, 18 ans, originaire du village de Balaa, dans le district de Tulkarem, en Cisjordanie, a été abattu par des soldats israéliens lors d’affrontements à un poste de contrôle à proximité de Tulkarem dans la soirée du 4 octobre. Selon le personnel médical, il a reçu une balle réelle dans la poitrine ; trois autres Palestiniens ont été blessés, dont l’un grièvement, par des tirs à balles réelles de soldats israéliens. Selon l’armée israélienne une manifestation violente s’était accompagnée de jets de pierres et de bombes incendiaires en direction des forces de sécurité et celles-ci avaient utilisé des moyens antiémeutes pour disperser la foule avant d’ouvrir le feu contre trois Palestiniens qui jetaient des bombes incendiaires. L’armée n’a diffusé aucune information laissant à penser que la vie des soldats israéliens avait été menacée.

Dans la soirée du 8 octobre, des policiers israéliens ont abattu Wissam Faraj, 20 ans, dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, au cours d’affrontements avec des Palestiniens. Le personnel médical a déclaré que le jeune homme avait reçu une balle de calibre .22 dans le torse et que six autres Palestiniens avaient été blessés, certains grièvement, par des tirs à balles réelles, et plusieurs dizaines d’autres par des balles en caoutchouc. En septembre, le cabinet de sécurité israélien a approuvé l’utilisation par la police à Jérusalem du fusil Ruger tirant des balles de calibre .22, entre autres mesures présentées comme faisant partie de la « lutte contre les jets de pierres à Jérusalem ». Les détails des règles d’engagement régissant l’utilisation de munitions de calibre .22 par les forces de sécurité israéliennes à Jérusalem, et en Cisjordanie, n’ont pas été rendus publics. Au vu de leur expérience de recueil d’informations sur les homicides de Palestiniens par des membres des forces de sécurité israéliennes utilisant des munitions de calibre .22 en Cisjordanie, des groupes locaux de défense des droits humains ont exprimé leur profonde préoccupation à la suite de la décision du cabinet de sécurité en affirmant qu’autoriser la police israélienne à effectuer des tirs à balles réelles dans Jérusalem-Est occupée entraînerait les mêmes homicides illégaux.

Un membre d’une unité secrète israélienne a été filmé le 7 octobre alors qu’il tirait à bout portant sur la jambe d’un Palestinien non armé non loin de la colonie illégale de Beit El. Quatre soldats armés étaient en train d’interpeller cet homme, pourtant l’explication officielle de l’armée israélienne a été que le soldat avait tiré car il pensait que des vies étaient en danger. L’utilisation de la force meurtrière dans cette situation était manifestement injustifiée : bien que l’homme ait résisté, il n’était pas armé et il y avait un nombre suffisant de membres des forces de sécurité israéliennes sur place pour le maîtriser sans ouvrir le feu. L’homme a également été roué de coups par un groupe de soldats israéliens avant d’être maîtrisé.

Les forces de sécurité israéliennes ont également effectué des tirs à balles réelles et utilisé une force excessive au cours d’opérations de recherche et d’arrestation en Cisjordanie. C’est ainsi que, selon l’OCHA, le 4 octobre, lors d’une incursion dans le camp de réfugiés de Jenine pour procéder à des arrestations, les forces de sécurité israéliennes ont blessé 55 Palestiniens, dont 11 par des tirs à balles réelles ; elles ont également incendié une habitation qui a été considérablement endommagée.

Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré que ses équipes avaient dispensé des soins d’urgence à 1 298 Palestiniens blessés par les forces de sécurité israéliennes dans toute la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, entre le 2 et le 7 octobre. Cette organisation a précisé que 75 des personnes soignées avaient été atteintes par des tirs à balles réelles, 344 par des balles en caoutchouc et que 20 avaient été frappées ; les autres avaient reçu du gaz lacrymogène. Le Croissant-Rouge palestinien n’étant pas la seule organisation qui dispense des soins d’urgence en Cisjordanie, ces chiffres ne reflètent pas le nombre total de victimes. Le ministère palestinien de la Santé a affirmé le 8 octobre que 165 Palestiniens blessés par des tirs à balles réelles et 375 par des balles en caoutchouc avaient été soignés dans ses hôpitaux depuis le 1er octobre, et que 150 autres blessés par des balles réelles ou des balles en caoutchouc avaient été soignés à l’hôpital Al Maqassed de Jérusalem. L’OCHA couvrant une autre période a signalé que 794 Palestiniens avaient été blessés par les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, entre le 29 septembre et le 5 octobre ; environ 10 % par des tirs à balles réelles et 35 % par des balles en caoutchouc, ce qui représentait une augmentation considérable par rapport à la période de référence précédente.

Amnesty International appelle les autorités israéliennes à rendre publiques les règles d’engagement pour la police et l’armée, y compris celles appliquées à Jérusalem-Est, qui sont actuellement en vigueur. Les autorités israéliennes doivent émettre sans délai des directives indiquant clairement que les membres de l’armée et de la police ne peuvent recourir aux tirs à balles réelles, y compris avec des munitions de calibre .22, que lorsque cela est absolument inévitable pour protéger des vies humaines contre un risque imminent de mort ou de blessure grave ; et que tout usage de la force doit être absolument nécessaire, strictement proportionnel à un objectif légitime et pleinement conforme aux normes internationales relatives aux droits humains. Vu le très grand nombre de décès et de blessures graves provoqués par des balles en caoutchouc, ces munitions ne doivent en aucun cas être considérées comme des armes à létalité réduite appropriées comme moyen de contrôle des foules. Les autorités israéliennes doivent diligenter sans délai des enquêtes indépendantes et impartiales sur tous les cas de Palestiniens tués ou grièvement blessés par les forces de sécurité israéliennes dans les territoires occupés, et lorsqu’il existe des preuves recevables suffisantes, engager des poursuites contre les responsables conformément aux normes internationales d’équité des procès.

Les attaques israéliennes contre des ambulances et des membres du personnel médical

Le Croissant-Rouge palestinien a signalé 30 attaques ou autres atteintes aux droits humains imputables à l’armée ou à la police israéliennes ou aux colons et commises contre ses ambulances et ses équipes médicales d’urgence entre le 2 et le 7 octobre, par exemple des retards importants et arbitraires aux postes de contrôle. Parmi ces violations des droits humains figuraient des tirs à balles réelles de membres des forces de sécurité israéliennes contre deux ambulances du Croissant-Rouge palestinien au poste de contrôle de Qalandia le 4 octobre, au moins deux cas de tirs de balles en caoutchouc ou de grenades lacrymogènes visant des ambulances ainsi que d’autres cas dans lesquels des ambulances qui transportaient des personnes grièvement blessées ont été considérablement retardées.

Les ambulances et les membres du personnel médical bénéficient d’une protection spéciale aux termes du droit international humanitaire qui s’applique aux territoires palestiniens occupés, et les attaques visant directement des ambulances ou des membres du personnel médical sont illégales. Le droit international humanitaire dispose que les parties à un conflit ne doivent pas entraver la fourniture de soins en empêchant le passage du personnel médical. Elles doivent faciliter l’accès aux blessés et aux malades et apporter l’assistance et la protection nécessaires au personnel médical.

Les démolitions de maisons, les restrictions arbitraires aux déplacements et les châtiments collectifs

Depuis le 1er octobre, Israël a imposé de nouvelles restrictions arbitraires aux déplacements des Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, et il a mis en œuvre d’autres mesures qui constituent un châtiment collectif, à savoir les démolitions d’habitations à titre punitif et les arrestations massives.

Le 4 octobre, les autorités israéliennes ont interdit aux Palestiniens non résidents, hormis les commerçants et les élèves, l’entrée dans la vieille ville de Jérusalem pour une durée de deux jours, et elles ont également interdit aux hommes de moins de 50 ans de prier dans la mosquée Al Aqsa. L’interdiction d’accès à la vieille ville ne s’appliquait pas aux Israéliens ni aux touristes, et les autorités avaient imposé à plusieurs reprises ces dernières semaines des restrictions à l’accès des Palestiniens à l’esplanade de la mosquée Al Aqsa. L’entrée du quartier d’Issawiyya, à Jérusalem-Est, a été bloquée par les forces de sécurité israéliennes après l’homicide de Fadi Alloun. De nombreuses autres restrictions d’accès ont été signalées dans différents quartiers de Jérusalem-Est. Selon l’OCHA, les forces de sécurité israéliennes avaient également mis en place plus de 120 postes de contrôle temporaires en Cisjordanie à la date du 5 octobre, obligeant dans de nombreuses zones les véhicules palestiniens à attendre ou à faire de longs détours.

Le droit à la liberté de mouvement est garanti à l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Des restrictions limitées peuvent être imposées dans des circonstances exceptionnelles pour des raisons de sécurité légitimes. Elles doivent toutefois être prévues par la loi, nécessaires, strictement proportionnées et non discriminatoires. En tant que puissance occupante, Israël est également tenu de respecter la Quatrième Convention de Genève, et il lui est interdit d’imposer des mesures au nom de la sécurité – y compris des restrictions aux déplacements des Palestiniens dans les territoires occupés – qui sont arbitraires, discriminatoires ou constituent un châtiment collectif.

Les forces de sécurité israéliennes ont repris les démolitions d’habitations à titre punitif – elles détruisent la maison familiale des Palestiniens auteurs d’attaques contre des Israéliens, une pratique approuvée par la Cour suprême israélienne – dans une nouvelle escalade des châtiments collectifs. Le 6 octobre, les forces de sécurité israéliennes ont détruit deux habitations à Jabal al Mukabber et mis sous scellés une autre habitation à Abu Tur, deux quartiers de Jérusalem-Est. Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem, 13 personnes, dont sept enfants, ont perdu leur logement. Le logement de Nadia Abu al Jamal, veuve de l’agresseur qui avait tué quatre fidèles dans une synagogue de Jérusalem et blessé d’autres personnes avant d’être tué par la police israélienne le 18 novembre 2014, a été détruit dans une explosion qui a également démoli un autre appartement dans le même immeuble. Le logement de Muhammad Jaabis, qui avait tué un civil israélien en l’écrasant avec un bulldozer en août 2014 et qui avait ensuite été tué par la police israélienne, a été détruit dans une explosion qui a rendu tout l’immeuble inhabitable et a endommagé des bâtiments voisins. Les forces de sécurité israéliennes ont placé sous scellés le domicile familial de Muataz Hijazi qui avait grièvement blessé un militant d’extrême droite israélien en octobre 2014. Les démolitions et la mise sous scellés de la maison de la famille Hijazi sont des châtiments collectifs prohibés par la Quatrième Convention de Genève et qui ne peuvent en aucun cas être justifiés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a prôné d’autres démolitions d’habitations à titre punitif et il a demandé le 5 octobre à la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, de trouver un moyen de raccourcir la procédure judiciaire, ce qui fait craindre de nouvelles démolitions à titre punitif dans les jours ou les semaines à venir.

Les forces de sécurité israéliennes ont aussi procédé depuis le 1er octobre à des arrestations massives en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Selon l’OCHA, 166 Palestiniens avaient été arrêtés par les forces de sécurité israéliennes à la date du 5 octobre. La Palestinian Prisoners’ Society (PPS) a pour sa part affirmé le 6 octobre qu’au moins 320 personnes - dont environ la moitié étaient âgées de moins de 18 ans - avaient été arrêtées depuis le début du mois. Dans bien des cas, les forces de sécurité israéliennes ont eu recours à la violence contre les personnes interpellées ou ont arrêté des manifestants, entre autres, qui étaient déjà blessés.

Les violences exercées par des colons contre des Palestiniens

Depuis le 1er octobre, les attaques menées par des Israéliens vivant dans des colonies illégales contre des civils palestiniens et leurs biens ont augmenté dans toute la Cisjordanie occupée. Les forces de sécurité israéliennes ont été incapables d’empêcher ces attaques ou de protéger les Palestiniens.

Yesh Din, une organisation israélienne de défense des droits humains, a indiqué le 5 octobre qu’elle avait recueilli plusieurs dizaines de plaintes à propos d’attaques menées par des colons, à savoir des jets de pierres contre des véhicules et des logements palestiniens ; le blocage de routes menant à des villages palestiniens, et au moins une tentative d’incendie volontaire. Yesh Din a précisé que, dans plusieurs cas, les attaques des colons avaient eu lieu en présence de membres des forces de sécurité israéliennes qui n’étaient pas intervenus. L’organisation palestinienne de défense des droits humains Al Haq a recensé 29 cas de violences exercées par des colons contre des Palestiniens entre le 28 septembre et le 4 octobre, notamment des jets de pierres, des coups, l’incendie de récoltes et des tirs d’armes à feu. Dans certains cas, les colons ont clairement dit que les attaques étaient perpétrées à titre de vengeance. C’est ainsi que le 2 octobre des colons ont incendié une voiture dans un village palestinien non loin de Ramallah et ont peint à l’aérosol « Vengeance pour Henkin » en hébreu sur le mur d’une maison.

Les forces de sécurité israéliennes doivent protéger les civils palestiniens et leurs biens contre les attaques des colons et mettre un terme à l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces attaques en remédiant à l’incapacité systématique de diligenter des enquêtes sur ces faits.

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