Communiqué de presse

Israël. Il faut lever l’interdiction « acharnée » de voyager visant un lanceur d’alerte nucléaire

Le refus de la Cour suprême israélienne d’autoriser le lanceur d’alerte Mordechai Vanunu à se rendre à l’étranger revient à le sanctionner de manière inacceptable pour ce qu’il a fait il y a près de 30 ans, a déclaré Amnesty International.

La Cour a rendu sa décision alors que Mordechai Vanunu espérait pouvoir se rendre à des événements auxquels il a été convié au Royaume-Uni.

En 1986, il a été condamné à 18 ans de prison pour avoir lancé l’alerte sur l’arsenal nucléaire d’Israël. Depuis sa remise en liberté en 2004, il lui est notamment interdit de quitter le pays, parce qu’il est considéré comme une menace pour la sécurité nationale.

« Il n’y a absolument aucune raison de croire que Mordechai Vanunu constituerait une menace pour la sécurité d’Israël. Les informations qu’il détenait sur l’arsenal nucléaire de son pays il y a près de 30 ans ne sont plus valides aujourd’hui. L’arrêt de la Cour suprême cautionne une nouvelle fois la campagne obstinée de vengeance qu’orchestre l’État contre Mordechai Vanunu », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Israël doit cesser de punir cet homme. Il a purgé sa peine et doit pouvoir jouir de son droit fondamental de sortir du pays s’il le désire. »

Mordechai Vanunu a été convié à assister à un événement organisé par Amnesty International le 17 juin afin de promouvoir la protection des lanceurs d’alerte, notamment d’Edward Snowden et de Chelsea Manning. Il a aussi été invité à prendre la parole devant le Parlement britannique le 18 juin.

Les juges de la Cour suprême israélienne ont accepté l’argument du ministre de l’Intérieur, qui affirme que si Mordechai Vanunu était autorisé à quitter le pays, il pourrait nuire à Israël et à ses citoyens en divulguant des informations sur la capacité nucléaire du pays. Pourtant, l’ancien technicien nucléaire ne dispose d’aucune information supplémentaire sur l’arsenal nucléaire israélien et les informations dont il disposait en 1986 sont tombées dans le domaine public depuis près de 30 ans.

En outre, Mordechai Vanunu n’a pas le droit de pénétrer dans une ambassade étrangère, de participer à des discussions sur Internet, ni de s’entretenir avec des étrangers, notamment des journalistes, sans avoir obtenu une autorisation préalable.

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