Italie / Malte. Les autorités ne doivent pas jouer avec des vies humaines

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En s’abstenant de protéger les droits des migrants et des demandeurs d’asile secourus en mer, les gouvernements italien et maltais manquent à leurs obligations internationales, à déclaré Amnesty International ce jeudi 7 mai 2009.

« La vie et la sécurité des migrants et des demandeurs d’asile ont été mises en péril, tout d’abord en raison de désaccords entre les autorités italienne et maltaise quant à leur obligation de répondre à des appels de détresse en mer, puis de la décision sans précédent du gouvernement italien de les reconduire vers la capitale libyenne Tripoli, avant même d’avoir évalué leurs besoins en termes de protection », a indiqué Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Dans la matinée du 6 mai 2009, trois embarcations transportant à leur bord quelque 227 passagers ont envoyé un signal de détresse alors qu’elles se trouvaient à environ 50 milles au sud des côtes de l’île italienne de Lampedusa.
Les gouvernements italien et maltais se sont mutuellement rejetés la responsabilité de leur porter secours, ce qui a sans doute retardé les opérations finalement entreprises par deux vedettes de garde-côtes italiens, qui ont conduit les migrants à Tripoli sans faire escale dans un port italien.

Le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni aurait salué ce « tournant historique après un an de négociations bilatérales avec la Libye ». La Libye et l’Italie ont signé un pacte d’amitié et des accords connexes qui encadrent la lutte contre l’immigration clandestine, notamment au moyen de patrouilles maritimes conjointes.

« Les litiges concernant la juridiction ou la responsabilité ne doivent pas empêcher ni retarder les secours apportés aux personnes qui courent le risque de se noyer. Les États doivent veiller à ce que la coopération et les initiatives internationales en matière de secours, y compris lorsqu’il s’agit des politiques de contrôle des frontières et d’immigration, ne se traduisent pas par des atteintes aux droits humains », a estimé Nicola Duckworth.

Amnesty International engage l’Italie et Malte à respecter les droits fondamentaux des demandeurs d’asile, des migrants et des réfugiés. Elle invite aussi les autorités libyennes à adopter des procédures permettant aux demandeurs d’asile de solliciter le statut de réfugiés et d’accéder, pour tous ceux susceptibles d’avoir besoin d’une protection internationale, au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Libye.

L’organisation exhorte tous les gouvernements à coopérer étroitement afin de garantir que les personnes secourues en mer soient immédiatement conduites en lieu sûr, tout en respectant pleinement le principe de non-refoulement – qui consiste à ne pas renvoyer une personne vers un pays où elle risque de subir des tortures ou d’autres mauvais traitements, et où elle n’aurait pas pleinement accès à une procédure de demande d’asile équitable et satisfaisante. Enfin, tous les États doivent s’acquitter de leurs obligations au titre du droit international relatif aux réfugiés et aux droits humains, ainsi que du droit maritime.

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