Jeux olympiques. Des sites web ont été débloqués mais la liberté d’expression n’est toujours pas là


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

« Nous nous réjouissons de l’information qui nous est parvenue ce vendredi 1er août, selon laquelle les autorités ont à nouveau autorisé l’accès à notre site internet dans le centre de presse des Jeux olympiques et peut-être ailleurs à Pékin, a déclaré Roseanne Rife, directrice adjointe du programme Asie Pacifique à Amnesty International.

« Toutefois, le blocage et le déblocage arbitraire de certains sites ne satisfait pas au devoir de se conformer aux normes internationales relatives à la liberté d’information et d’expression. »

Les journalistes basés à Pékin ont informé Amnesty International que le site de l’organisation ainsi que plusieurs autres sites – notamment ceux de Human Rights Watch, Radio Free Asia et le service en langue chinoise de la BBC – avaient été débloqués dans le centre de presse des Jeux olympiques. Selon certaines informations, ces sites seraient également accessibles dans d’autres quartiers de Pékin, même si leur disponibilité reste incertaine.

D’autres sites web débattant de questions politiques ou relatives aux droits humains restent bloqués. Parmi eux se trouve un autre site (www.thechinadebate.org) mis en place par Amnesty International pour encourager le débat sur le bilan de la Chine en matière de droits humains à l’approche des Jeux.


« Comme le reste du monde, les citoyens chinois ont le droit d’accéder à l’information et de s’exprimer en ligne sur tous les sujets présentant un intérêt légitime pour le public, y compris les droits humains. Nous continuons à réclamer des autorités qu’elles assurent un accès sans entrave à Internet conformément aux promesses officielles faites avant les Jeux d’assurer « une liberté totale des médias » et de respecter les engagements internationaux en matière de droits humains »
, a déclaré Roseanne Rife.

Les autorités chinoises ont emprisonné plusieurs journalistes chinois qui avaient posté ou consulté sur Internet des informations qualifiées de politiquement sensibles. Parmi eux se trouve Shi Tao, qui purge une peine de dix années de réclusion pour avoir envoyé à un site basé à l’étranger un courriel au sujet des instructions officielles données aux journalistes sur la façon de couvrir le quinzième anniversaire de la répression de Tiananmen à Pékin en 1989.

Amnesty International note également que la décision des autorités chinoises de débloquer certains sites semble avoir été prise en réaction à l’inquiétude publique qui s’est exprimée autour de cette question, notamment celle du Comité international olympique (CIO) qui avait, il y a seulement quelques jours, autorisé les autorités chinoises à maintenir le blocage de certains sites.

« Lorsque la diplomatie silencieuse échoue sur les questions de droits humains, une forte pression de l’opinion publique peut clairement avoir un effet positif, a déclaré Roseanne Rife. Nous continuons de demander instamment au CIO et aux chefs d’État qui ont l’intention d’assister aux Jeux de se prononcer en faveur des droits humains et des militants chinois des droits humains qui ont de fait été réduits au silence. »

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