Communiqué de presse

L’ANASE doit rendre public son projet de déclaration sur les droits humains

Alors que l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) finalise la rédaction d’un avant-projet de déclaration sur les droits humains, Amnesty International a appelé les instances de l’Association à rendre ce document public et accessible aux habitants de cette région du monde. Il est primordial que cet instrument repose sur un processus d’élaboration ouvert à tous, intégrant les contributions de la société civile et d’autres groupes ou individus intéressés. La déclaration sur les droits humains de l’ANASE concerne chaque femme, homme et enfant de la région et il est donc tout à fait normal qu’ils puissent avoir voix au chapitre.

Le groupe de rédaction, désigné par la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ANASE (CIDHA) pour élaborer les « lignes directrices » de la déclaration, tiendra sa dernière réunion du 4 au 6 janvier 2012. Il devrait ensuite soumettre son projet de texte à la CIDHA, qui doit se réunir du 8 au 9 janvier pour l’examiner. La CIDHA rendra compte du processus d’élaboration aux ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’ANASE d’ici à la fin du mois.

Amnesty International déplore le secret qui, jusqu’à présent, a entouré les travaux de rédaction du texte. Aucune information concrète n’a officiellement été communiquée, et même le mandat du groupe de rédaction est resté confidentiel. Plusieurs organisations non gouvernementales nationales et régionales, dont Amnesty International Thaïlande, ont transmis leurs observations à la CIDHA concernant la déclaration, mais aucune réponse officielle ne leur est parvenue.

Quelques représentants de la CIDHA ont engagé un dialogue fructueux avec la société civile au niveau national, mais très peu de consultations ont été menées à l’échelle régionale.

La déclaration des droits humains de l’ANASE pourrait marquer un tournant dans la mise en place de mécanismes de défense des droits humains sur le plus grand continent du monde. Mais, à l’inverse, cet instrument pourrait faire revenir la région en arrière, à une époque où certains régimes invoquaient des concepts erronés, telles que les « valeurs asiatiques », comme prétexte pour priver les populations de leurs droits humains fondamentaux.

La mise en place d’un processus transparent, participatif et interactif garantira que la déclaration de l’ANASE, à l’image d’autres traités régionaux et universels, contribue à défendre l’ensemble des droits humains de toutes les personnes et de tous les groupes, sans discrimination aucune.

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