L’Égypte doit protéger les manifestants lors des affrontements au Caire

Les autorités égyptiennes doivent protéger les manifestants en prévision de l’élection présidentielle devant se dérouler le 23 mai, a déclaré Amnesty International lundi 30 avril.

Une attaque violente ayant visé des manifestants au Caire dans la nuit de samedi 28 avril a fait un mort et des dizaines de blessés. Cette attaque, menée par un groupe d’inconnus, a débouché sur des affrontements qui ont duré jusqu’à dimanche matin.

« Les autorités égyptiennes ont trois semaines avant l’élection et il est temps qu’elles s’assurent que les forces de sécurité respectent leur devoir de protection des manifestants », a souligné Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Vendredi 27 avril au soir, un groupe de manifestants qui participaient à un sit-in sur la place Tahrir a défilé en direction du ministère de la Défense, dans le quartier d’Abbasseya.

Ces manifestants protestaient contre l’exclusion d’Hazem Salah Abu Ismail, politicien connu, lors de l’élection présidentielle. Beaucoup réclamaient par ailleurs la fin du régime militaire.

Dans la nuit de samedi, ces manifestants ont été attaqués par un groupe de personnes non identifiées. D’après les manifestants, les soldats postés au ministère de la Défense ne sont pas du tout intervenus et les affrontements qui s’en sont suivis ont duré plusieurs heures.

Le ministère égyptien de la Santé aurait annoncé qu’une personne avait été tuée et que 119 autres avaient été blessées. Certaines des blessures auraient été causées par des plombs de chasse.

Les manifestants ont régulièrement été attaqués par des groupes anonymes, que ce soit sous le président Moubarak ou le Conseil suprême des forces armées. Ces groupes accompagnent souvent l’armée et les forces de sécurité lorsque celles-ci dispersent les actions de protestation.

« Le conseil militaire au pouvoir en Égypte doit veiller à ce que les attaques telles que celle qui a été perpétrée ce weekend fassent l’objet d’enquêtes indépendantes et impartiales, et à ce que tout responsable présumé soit traduit en justice », a poursuivi Ann Harrison. « Il faut tirer des enseignements du passé. »

Depuis la « révolution du 25 Janvier », l’armée et les forces armées égyptiennes ont été impliquées dans une série d’opérations de répression contre les manifestants, recourant souvent à une force excessive, parfois avec des conséquences fatales.

En octobre dernier, des soldats et des policiers antiémeutes ont tué 27 manifestants au Caire lorsqu’ils ont voulu mettre fin à une manifestation organisée par la minorité copte d’Égypte.

Le mois suivant, des affrontements ayant opposé forces de sécurité et manifestants non loin du ministère de l’Intérieur ont fait 50 morts. En décembre, 17 manifestants ont été tués lors d’actions de protestation contre la dispersion brutale d’un sit-in organisé devant le siège du gouvernement.

Seule une poignée de policiers et de soldats subalternes a jusqu’à présent été jugée par des tribunaux civils et militaires pour homicides et autres violences.

Amnesty International a demandé que tous ces faits donnent lieu à des enquêtes indépendantes et impartiales, et que les autorités en défèrent les auteurs présumés à la justice.

L’organisation demande par ailleurs que les forces de sécurité fassent l’objet de réformes élémentaires - et notamment que les règles relatives au recours à la force soient rendues publiques.

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