Communiqué de presse

L’ONU doit adopter une résolution visant à mettre un terme à l’effusion de sang en Syrie

Les dirigeants du monde doivent prendre sans délai des mesures décisives pour faire face à la crise en Syrie, a déclaré Amnesty International mardi 9 août, alors que le nombre total de victimes depuis le début des manifestations en mars s’élèverait à plus de 1 600.

Amnesty International lance cet appel à la veille de l’important débat qui doit avoir lieu mercredi 10 août au Conseil de sécurité de l’ONU, au cours duquel le secrétaire général Ban Ki-moon doit prononcer un discours sur la Syrie.

Environ 53 personnes auraient été tuées en Syrie depuis le 6 août, ce qui porterait le nombre total de morts à plus de 1 600.

Au moins cinq civils auraient trouvé la mort à Hama, ville du centre du pays, mardi 9 août.

« Tout examen honnête de la terrible situation dans laquelle est plongée la Syrie devrait suffire à persuader le Conseil de sécurité d’adopter une résolution juridiquement contraignante, au lieu de se contenter d’une timide déclaration. Un simple appel diplomatique aux autorités syriennes pour qu’elles mettent fin à la violence dont les civils font les frais ne saurait, loin s’en faut, répondre aux exigences de la situation, a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.


« L’ONU doit instaurer un embargo total sur les armes à destination de la Syrie et geler les avoirs à l’étranger du président Bachar el Assad et de ses collaborateurs. »

Le gouvernement syrien fait l’objet de pressions croissantes en vue de mettre fin à la répression menée contre les manifestants qui lui sont hostiles, alors que les condamnations enflent au sein de la communauté internationale.

Le ministre turc des Affaires étrangères a rencontré le président Bachar el Assad à Damas le 9 août pour tenter de convaincre le dirigeant syrien de mettre un terme aux violences contre les civils.

Mesure rare, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a rappelé son ambassadeur à Damas lundi 8 août et condamné la répression brutale en Syrie, appelant à arrêter la « machine de mort » du régime.

La plupart des pays arabes ont eux aussi condamné les violences ; la Syrie se retrouve ainsi de plus en plus isolée. Le Conseil de coopération du Golfe, regroupant l’Arabie saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn, Oman et le Qatar, a dénoncé l’usage excessif de la force contre les manifestants, tandis que la Ligue arabe s’est engagée à recourir à une « persuasion progressive » pour résoudre le conflit.

Une délégation officielle envoyée conjointement par le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud doit arriver à Damas le 9 août pour exhorter les autorités syriennes à en finir avec la violence.

Le Koweït et Bahreïn ont également rappelé leurs ambassadeurs en poste à Damas.

Parmi les quelque 1 600 victimes, beaucoup seraient des manifestants et des habitants tombés sous les balles réelles des forces de sécurité et de l’armée.

Des milliers d’autres personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations, dont beaucoup sont détenues au secret dans des lieux non divulgués.

« Les crimes commis par les forces de sécurité syriennes constituent des crimes contre l’humanité car ils semblent relever d’une attaque de grande ampleur visant la population civile de manière systématique, a conclu Malcolm Smart.

« Le Conseil de sécurité de l’ONU doit saisir le procureur de la Cour pénale internationale du dossier syrien, comme il l’a fait pour la Libye en février, en raison de la répression violente que subissaient les manifestants dans le pays. »

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