Communiqué de presse

La communauté étudiante de l’ULB se joint à Amnesty

Grâce à une pression internationale sans précédent pour le cas d’un défenseur des droits humains d’Arabie Saoudite, jamais la lumière sur le déni de la liberté d’expression dans ce pays n’a été aussi forte ! Votre présence lors des nombreux rassemblements passés et à venir, vos signatures qui dépassent le million, vos interpellations des autorités belges, tout ceci a permis à Raif Badawi d’échapper à des nouvelles flagellations, de faire en sorte que son cas devienne un problème pour les autorités saoudiennes et a permis de mettre en avant tous les prisonniers d’opinions du pays qui sont très nombreux. « La vie est un combat incessant » : citant son mari l’avocat Waleed Abu al Khair, la soeur de Raif Badawi nous demande à tous de maintenir la pression. C’est ce que nous ferons !

Ce jeudi, à 17 h, pour la septième semaine consécutive, des militants d’Amnesty International accompagnés de la communauté étudiante de l’ULB ont manifesté devant l’ambassade d’Arabie saoudite pour la libération de Raif Badawi et pour celle de son avocat, Waleed Abu al Khair. La manifestation a eu une dimension symbolique dans la mesure où, samedi prochain, 50 jours se seront écoulés depuis les 50 premiers coups (sur les 1 000 auxquels il a été condamné) infligés au blogueur saoudien le 9 janvier.

« Cela fait maintenant sept semaines que nous manifestons chaque jeudi devant l’ambassade d’Arabie saoudite, à la veille des séances de flagellation auxquelles a été condamné Raif Badawi. Depuis le 9 janvier, jour de la première séance, Raif n’a plus été flagellé, mais les 50 coups qui lui ont été donnés sont 50 coups de trop », déclare Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

« L’épouse et la soeur de Raif - qui est également l’épouse de Waleed - sont très touchées par l’incroyable mobilisation qui s’est fait jour dans le monde entier. Elles nous ont également fait savoir que tout cela, outre l’émotion, donne de la force et du courage aux deux prisonniers. Ce jeudi, nous serons une nouvelle fois présents pour exiger la libération et l’annulation des peines de Raif et de Waleed », explique encore Philippe Hensmans.

Les flagellations qui devaient avoir lieu les 16 et 23 janvier derniers ont été reportées pour raisons médicales. Celles du 30 janvier et du 6, 13 et 20 février ont également été annulées, mais aucun motif n’a été fourni par les autorités. Il est pour l’heure impossible de savoir si Raif Badawi sera flagellé ce vendredi 27 février.

Complément d’information

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le Tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet, assortis d’une interdiction de voyager pendant 10 ans à l’issue de sa peine, d’une interdiction d’utiliser les médias et d’une amende de 1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros). Ce jugement est lié à la création de son site internet « Libérez les libéraux saoudiens » (dont la Cour a ordonné la fermeture), et à des accusations selon lesquelles il aurait « insulté l’islam ». Raif Badawi était initialement inculpé d’« apostasie », infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Malgré les efforts de son avocat, Waleed Abu al Khair, également en prison en raison de son militantisme pacifique, la Cour d’appel de Djedda a confirmé la condamnation de Raif Badawi le 1er septembre.

Selon la décision finale de cette instance, Raif Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs à un intervalle d’une semaine. Il a été flagellé une première fois en public après la prière du vendredi le 9 janvier dernier, devant la mosquée Al-Jafali à Djedda.

Waleed Abu al Khair, l’avocat de Raif Badawi, a été jugé le 6 juillet 2014 par le Tribunal pénal spécial coupable d’avoir « désobéi au souverain et cherché à lui ôter sa légitimité », « insulté le pouvoir judiciaire et remis en cause l’intégrité des juges », « créé une organisation non autorisée », « nui à la réputation de l’État en communiquant avec des organisations internationales » et « rédigé, enregistré et envoyé des informations troublant l’ordre public ». Il a alors été condamné à 15 ans de prison, à une interdiction de voyager de la même durée et à une amende s’élevant à 200 000 riyals (environ 45 000 euros).

Le 12 janvier 2015, il a vu sa condamnation confirmée en appel. Le juge a par ailleurs ordonné qu’il purge l’intégralité de sa peine en raison de son refus de présenter des excuses pour les faits qu’on lui reproche. Il continue par ailleurs de contester la légitimité du Tribunal pénal spécial, un tribunal d’exception jugeant des affaires en rapport avec la sécurité et la lutte contre le terrorisme et dont la compétence et les règles internes n’ont pas été précisées.

De façon générale, les autorités saoudiennes continuent de mener une campagne de persécution de grande ampleur à l’encontre des défenseurs des droits humains et des militants de la société civile, en engageant des poursuites judiciaires contre eux et en adoptant des mesures arbitraires telles que l’interdiction de voyager.

Manif - infos pratiques

Manifestation devant l’ambassade d’Arabie Saoudite ce 26 février 2015 de 17h à 17h30, 326 Avenue Louise 1050 Bruxelles (devant la Blue Tower). Tram 93/94 arrêt Vleurgat.
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