Communiqué de presse

La Gambie doit libérer immédiatement trois opposants déclarés coupables de sédition

Les autorités gambiennes doivent annuler les condamnations pour sédition prononcées contre trois membres d’un parti d’opposition et les libérer immédiatement et sans condition, a déclaré Amnesty International.

Amadou Sanneh, trésorier national du Parti démocratique unifié (UDP), et deux autres membres de l’UDP, Malang Fatty et Alhagie Sambou Fatty, ont été reconnus coupables le 18 décembre de sédition et condamnés à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison, parce qu’ils ont soutenu que l’un d’entre eux avait subi des actes de harcèlement et avait été menacé de mort par les autorités gambiennes.

Tous trois affirment avoir été torturés alors qu’ils étaient détenus au secret avant leur procès et deux d’entre eux, qui ont plaidé coupable en octobre, n’ont pas bénéficié d’une assistance juridique tout au long de leur incarcération et de leur procès.

« Ces condamnations viennent confirmer ce que l’opposition clame depuis le début, à savoir que le gouvernement gambien persécute ses opposants. Les charges de sédition et les fausses informations sont utilisées pour entraver la liberté d’expression et la dissidence légitime », a indiqué Aster van Kregten, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International.

Amnesty International considère que les trois hommes condamnés aujourd’hui sont des prisonniers d’opinion et appelle à leur libération immédiate et inconditionnelle.

Amadou Sanneh a été arrêté le 25 septembre 2013 par l’Agence nationale de renseignement (NIA).

Il avait rédigé une lettre soutenant Malang Fatty, membre de l’UDP qui avait l’intention de demander l’asile à l’étranger. Dans sa lettre, Amadou Sanneh affirmait que Malang Fatty avait reçu des menaces de mort de la part des services de sécurité du gouvernement et que l’UDP était régulièrement persécuté par le gouvernement gambien.

L’arrestation d’Amadou Sanneh est intervenue six jours après l’interpellation de Malang Fatty par des agents de la NIA, au poste-frontière d’Amdallai, alors qu’il tentait de quitter le pays. Il était en possession de la lettre d’Amadou Sanneh au moment de son arrestation. La NIA a également appréhendé le frère de Malang Fatty, Alhagie Sambou Fatty, qui avait demandé à Amadou Sanneh de rédiger cette lettre.

Les deux hommes ont été détenus au secret pendant près d’un mois ; ils affirment avoir été torturés et contraints de faire des « aveux » diffusés à la télévision nationale.

Dans l’intervalle, le président gambien Yahya Jammeh a publiquement montré du doigt les personnes engagées dans des partis d’opposition :

« Ternir l’image de ce pays est un acte de trahison et toutes les personnes engagées sur cette voie paieront le prix fort. Haïr son pays est impie. Dans toute religion, orchestrer une campagne de diffamation contre son pays au nom d’un pouvoir étranger s’appelle de la TRAHISON ».

Complément d’information

Amnesty International a précédemment fait part de ses préoccupations à l’égard de l’article 114 du chapitre 10, volume III du Code pénal de 2009, relatif à la communication de fausses informations à un fonctionnaire. Il pourrait en effet servir à limiter les droits à la liberté d’expression, en violation des obligations qui incombent à la Gambie aux termes du droit international relatif aux droits humains.

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