Communiqué de presse

La Gambie doit libérer quatre militants, emprisonnés pour avoir distribué des t-shirts à message antigouvernemental

Mercredi 18 janvier, Amnesty International a demandé la libération immédiate de quatre militants arrêtés pour avoir distribué des t-shirts appelant à la fin de la dictature en Gambie.

Un des ces militants, Amadou Scattred Janneh, ancien ministre de l’Information et de la Communication du pays, a été déclaré coupable de trahison, puis condamné mardi 17 janvier à la réclusion à perpétuité assortie de travaux forcés. Modou Keita, Ebrima Jallow et Michael Uche Thomas ont chacun été condamnés à trois ans de travaux forcés pour sédition.

Ces quatre hommes ont été appréhendés en juin 2011 après avoir distribué des t-shirts fabriqués par la Coalition pour le changement en Gambie (CCG), sur lesquels était inscrit le slogan End to Dictatorship Now (« En finir immédiatement avec la dictature »).

« La condamnation de ces hommes constitue une violation de leurs droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association », a déclaré Lucy Freeman, spécialiste de la Gambie à Amnesty International.

« Le président Jammeh prouve une nouvelle fois qu’il ne tolère aucune forme de critique et qu’il persécutera sans aucune pitié toute personne s’opposant publiquement à son régime. »

Amadou Scattred Janneh, qui a la nationalité américaine, a été arrêté à son bureau le 7 juin parce qu’il était en possession de tee-shirts de la CCG. Michael Uche Thomas, ressortissant nigérian, et Modou Keita et Ebrima Jallow, deux Gambiens, ont été appréhendés le même jour et accusés d’avoir imprimé ces tee-shirts.

Les quatre hommes ont été condamnés par le tribunal pénal spécial de Banjul. Ils avaient dans un premier temps été inculpés par le tribunal de première instance de Banjul, le 13 juin. L’affaire avait plus tard été transférée devant la Haute Cour.

« Ces hommes sont des prisonniers d’opinion, et doivent par conséquent être libérés immédiatement et sans condition. La Gambie doit cesser de se livrer à de tels actes de persécution et permettre à la critique d’être entendue dans le pays », a poursuivi Lucy Freeman.

En Gambie, les journalistes et les militants sont régulièrement victimes de violations de leurs droits fondamentaux, notamment d’arrestations et de placements en détention, de torture, de procès iniques, de harcèlement, d’agressions et de menaces de mort, ce qui rend leur travail extrêmement difficile.

Amnesty International a exhorté la communauté internationale à condamner publiquement les atteintes aux droits humains perpétrées en Gambie, telles que les arrestations arbitraires, la torture, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées.

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