Communiqué de presse

La mort d’un ministre palestinien met en lumière le problème de l’usage excessif de la force par l’armée israélienne

La mort d’un ministre palestinien pendant une manifestation contre les confiscations de terres en Cisjordanie pourrait être la conséquence de l’usage par les forces israéliennes d’une force arbitraire et injustifiée contre les manifestants, a déclaré Amnesty International.

Ziad Abou Ein, qui était à la tête d’une commission de lutte contre la colonisation israélienne et le mur entre Israël et la Cisjordanie, est mort après une confrontation avec des soldats israéliens dans le village de Turmus Ayya. Sur des photographies mises en ligne on voit des membres des forces israéliennes le saisir à la gorge.

« C’est une tragédie qui aurait pu être évitée, a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Le passif des forces israéliennes en termes de maintien de l’ordre lors des manifestations est effroyable. Elles ont eu fréquemment recours dans le passé à une force excessive ou injustifiée contre les manifestants en Cisjordanie, ce qui a donné lieu à de nombreux homicides illégaux. Et elles continuent de le faire, en toute impunité. »

Peu avant sa mort, Ziad Abou Ein avait déclaré à des journalistes que la manifestation se déroulait dans le calme. « Nous sommes venus planter des arbres en terre palestinienne, et ils nous ont attaqué d’emblée, a-t-il dit. Personne n’a jeté la moindre pierre. »

« Il faut ouvrir une enquête indépendante et impartiale sur sa mort, a déclaré Philip Luther. Ce drame ne fait que mettre en lumière l’urgente nécessité d’amener les forces israéliennes, qui utilisent une force excessive – et notamment une force meurtrière injustifiée – lors des manifestations, à rendre compte de leurs actes. Faute de quoi nous déplorerons d’autres morts qui auraient pu être évitées. »

Des informations contradictoires circulent sur la cause de la mort de Ziad Abou Ein. Selon certaines sources il a été touché à la poitrine par une grenade lacrymogène, selon d’autres il a souffert de complications consécutives à l’exposition au gaz lacrymogène. Certains témoins ont en outre déclaré qu’il avait été frappé par des membres des forces israéliennes.

Amnesty International a publié en février 2014 un rapport sur les dizaines d’homicides illégaux commis depuis 2011 contre des civils palestiniens, parmi lesquels des enfants : La gâchette facile. L’usage d’une force excessive par Israël dans les territoires palestiniens occupés.

Ces derniers mois, les tensions en Cisjordanie ont dégénéré en violences, qui ont fait plusieurs victimes dans les deux camps.

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