La République dominicaine doit cesser d’expulser de force des Haïtiens


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI -
7 janvier 2011

Amnesty International a exhorté vendredi 7 janvier les autorités de République dominicaine à mettre immédiatement fin à l’expulsion massive de migrants haïtiens, alors qu’elles font valoir que cette mesure s’impose dans le but de prévenir la propagation du choléra.

Plus de 950 Haïtiens – dont beaucoup vivent en République dominicaine sans papiers – ont été expulsés en Haïti au cours de la semaine dernière, selon des déclarations du ministère local de l’Immigration.

« Haïti ne s’est pas encore remise de la terrible catastrophe naturelle qui l’a frappée. Plutôt que de renvoyer de force des personnes vers une situation désespérée, la République dominicaine et d’autres pays doivent intensifier leurs efforts pour venir en aide à Haïti et à sa population », a indiqué Javier Zuñiga, conseiller spécial auprès d’Amnesty International.

La situation au regard de la législation sur l’immigration de nombre d’Haïtiens en République dominicaine demeure floue.

« Personne ne doit être expulsé sans que sa situation au regard de la législation sur l’immigration n’ait été établie de manière individuelle. En présence d’un Haïtien suspecté d’avoir contracté le choléra, il convient de lui prodiguer les soins médicaux dont il a besoin, pas de l’expulser, a ajouté Javier Zuñiga.

« Renvoyer ces gens revient à les condamner à vivre dans une situation où leur santé et leur sécurité sont en grave danger. »

Depuis qu’un tremblement de terre a secoué Haïti, pays plongé dans la pauvreté, en janvier 2010, la République dominicaine a accepté d’accueillir des centaines de ressortissants haïtiens pour des raisons humanitaires.

Mais les autorités affirment désormais qu’il est crucial de procéder à des expulsions afin de prévenir la propagation du choléra. La récente flambée de choléra a déjà fait 3 500 victimes en Haïti. Quelque 150 cas ont été signalés en République dominicaine.

Selon les Nations unies, environ 600 000 Haïtiens sans papiers vivaient en République dominicaine avant le séisme.

Amnesty International a fait part le 6 janvier de ses préoccupations quant à la situation des femmes, des jeunes filles et des fillettes qui vivent dans des camps de fortune en Haïti et a dénoncé les violences sexuelles généralisées dont elles sont victimes.

Note

Gerardo Ducos, spécialiste de Haïti à Amnesty International, se rendra à Port-au-Prince du 8 au 22 janvier.

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